Les souvenirs des Orléans vendus chez Sotheby’s


28/9/15 - Marché de l’Art - Paris - Ce n’est pas la première vente d’œuvres provenant des Orléans, descendants de Louis-Philippe. Mais c’est sans doute la dernière. Il n’aura pas fallu beaucoup de générations pour que cette famille, qui fut autrefois grande, finisse de disperser ainsi ce que l’Histoire avait construit et leur avait légué1. La vacation durera deux jours, les 29 et 30 septembre chez Sotheby’s Paris.


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1. Philippe de Champaigne (1602-1674)
Louis XIII
Huile sur toile
Collection particulière
Photo : Sotheby’s Paris
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2. Elisabeth Vigée Le Brun (1755-1843)
La duchesse d’Orléans
Huile sur panneau
Collection particulière
Photo : Sotheby’s Paris

Portraits de famille, souvenirs divers, jusqu’aux décorations… Tout doit disparaître. Parmi ces nombreuses œuvres, certaines sont insignes. Trois ont été classées « trésor national » et retirées de la vente : un Portrait de Louis XIII par Philippe de Champaigne (ill. 1), et le Portrait de la duchesse d’Orléans par Elisabeth Vigée Le Brun (ill. 2), ainsi que le livre de compte du château d’Amboise. Le Figaro nous apprenait le 18 septembre dernier que les deux tableaux avaient été acquis par la Banque de France2 mais nous n’avons pu en avoir confirmation. On l’espère en tout cas, même si actuellement cette institution est surtout préoccupée de l’avenir des Rembrandt d’Éric de Rothschild.


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3. Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806)
Les Gentilshommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud
Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache - 26,4 x 40 cm
Vente Sotheby’s 28/9/15
Photo : Sotheby’s Paris
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4. Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806)
La Société du Palais-Royal, vers 1773-1775
Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache - 26,4 x 40 cm
Vente Sotheby’s 28/9/15
Photo : Sotheby’s Paris

Beaucoup d’autres œuvres auraient pu être également interdites de sortie ou même classées monument historique. Certaines de ces œuvres sont en effet essentielles pour le patrimoine français parmi lesquelles les aquarelles de Carmontelle, notamment Les Gentilshommes du duc d’Orléans dans l’habit de Saint-Cloud (ill. 3) et La Société du Palais-Royal (ill. 4). Si celles-ci ont logiquement une estimation élevée, d’autres sont plus abordables malgré leur importance historique : Une soirée chez le duc d’Orléans d’Eugène Lami (ill. 5), Le duc de Chartres tenant un cerceau et Louis-Philippe, duc d’Orléans dans un paysage suisse par Horace Vernet ou encore, le futur Philippe-Égalité berçant son fils, duc de Valois, futur Louis-Philippe, peints par Nicolas-Bernard Lépicié (ill. 6)…


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5. Eugène Lami (1800-1890)
Une soirée chez le duc d’Orléans, 1843
Aquarelle avec rehauts de gouache - 35 x 57,2 cm
Vente Sotheby’s 28/9/15
Photo : Sotheby’s Paris
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6. Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784)
Louis-Philippe, duc de Valios, au berceau, 1774
Huile sur panneau - 54,5 x 41 cm
Vente Sotheby’s 28/9/15
Photo : Sotheby’s Paris

On espère, sans trop y croire néanmoins, pouvoir dès cette semaine écrire de nombreuses brèves sur le droit de préemption qu’exerceront les musées français. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la Famille de France ne mérite plus vraiment ce nom [Voir la conclusion de notre brève du 18/10/15 qui atténue fortement notre sévère conclusion.].


Didier Rykner, lundi 28 septembre 2015


Notes

1Signalons qu’en l’occurrence, le terme n’est pas complètement juste puisque les œuvres vendues avaient été léguées par le Comte de Paris à la Fondation Saint-Louis, et que la justice les a rendues à ses héritiers, trop nombreux pour se les partager.

2Le Champaigne provient de l’Hôtel de Toulouse, siège de la banque.





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