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Les animaux du Roi

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Château de Versailles, du 12 octobre 2021 au 13 février 2022

Le sujet, assurément complexe, est particulièrement séduisant et l’exposition semble inratable même s’il va tout à la fois falloir parler d’histoire naturelle, d’animaux de compagnie et bien sûr de chasse : ancien pavillon de chasse transformé en palais, Versailles est avant tout un lieu où l’animal est traqué, exhibé et consommé [1]. Après avoir été contraint de commencer l’année en laissant fermée la rétrospective Rigaud, qui n’ouvrit finalement ses portes qu’à la fin du printemps et qui était pudiquement considérée comme « difficile », alors que nous n’en avons pensé que du bien (voir l’article), le château de Versailles entreprend à nouveau d’explorer deux siècles de création artistique. Il s’agit de démontrer - nous résumons à grands traits la thèse des deux commissaires de l’exposition, Alexandre Maral et Nicolas Milovanovic - que Versailles fut à la fois à l’origine de la peinture et de la sculpture animalière en France, tout en contribuant à faire naître une nouvelle sensibilité au monde animal. C’est ce qui fait dire à Laurent Salomé, directeur du musée, que cette exposition se veut particulièrement novatrice, notamment grâce à l’engagement militant de ses deux commissaires.


1. Gilles Guérin (1611-1678)
Les Chevaux du Soleil, 1667-1672
Marbre - 210 x 230 x 250 cm
Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Photo : Didier Saulnier
Voir l´image dans sa page
2. Gaspard (1624-1681) et Balthasar Marsy (1628-1674)
Les Chevaux du Soleil, 1667-1672
Marbre - 230 x 238 x 256 cm
Versailles, Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
Photo : Didier Saulnier
Voir l´image dans sa page

Le parcours commence par un salutaire coup d’éclat : les visiteurs découvrent les deux groupes des Chevaux du Soleil (ill. 1 et 2) commandés à Gilles Guérin et aux frères Marsy par Louis XIV, chefs-d’œuvre absolus de la sculpture française du XVIIe siècle, qui entouraient Apollon servi par les Nymphes de François Girardon et Thomas Regnaudin. Ces merveilles, destinées à la grotte de Thétys, qui occupait l’emplacement de l’actuel vestibule bas de la chapelle royale, passèrent ensuite dans les jardins du château, ornant ainsi le bosquet des Bains d’Apollon... jusqu’en 2008 (voir l’article). Comme l’écrit sans ambages la notice rédigée par Alexandre Maral, une aussi longue exposition en plein air abîma irrémédiablement ces marbres qui furent tardivement remplacés par des répliques avant de gagner les réserves. Restaurées, ces sculptures demeurent malheureusement invisibles : en 2009-2010, l’exposition [2] Louis XIV : l’homme et le roi (voir l’article) permettait ainsi d’admirer dans de bonnes conditions Apollon servi par les nymphes mais les marbres furent plus volontiers envoyés loin de Versailles, à Arras voire à Abu Dhabi (voir l’article) alors que leur importance et leur fragilité imposaient de les exposer à Versailles. Grâce à d’importants travaux de soclage, mécénés par la Versailles…

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