Le musée de Stockholm achète un dessin du Guerchin


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Giovanni Francesco Barbieri,
dit Le Guerchin (1591-1666)
Hercule, années 1640
Sanguine - 26,3 x 17 cm
Stockholm, Nationalmuseum
Photo : Nationalmuseum

28/4/16 - Acquisition - Stockholm, Nationalmuseum - C’est un Hercule courroucé qui rejoint le musée de Stockholm, rapidement esquissé à la sanguine par Guerchin. Le dessin a été acquis dans une vente de l’étude Doutrebente à Drouot, le 27 Novembre 2015.

Outre la qualité de la feuille, c’est sa provenance qui a intéressé les conservateurs du Nationalmuseum. Elle a en effet appartenu au comte Carl Gustaf Tessin (1695-1770), ambassadeur de Suède en France entre 1739 et 1741, fameux collectionneur, proche de Mariette, qui acheta nombre d’œuvres dans la vente Crozat. Hercule passa ensuite entre les mains du comte Nils Barck (1820-1896). Cet amateur d’art suédois, présent à Paris dans les années 1840, acquit des dessins de Tessin, notamment tout un ensemble - dont ne faisait pas partie l’Hercule - que l’ambassadeur avait cédé en 1748 à la reine Louis-Ulrique de Suède ; Barck a également possédé un certain nombre de feuilles de la collection de la reine autres que celles du comte Tessin.
Il reste encore à clarifier le parcours de l’œuvre du Guerchin, peut-être en saura-t-on plus à l’occasion de l’exposition consacrée à l’ambassadeur suédois, organisée par le Nationalmuseum, qui se tiendra au Louvre cet automne1.

L’artiste traduit ici la force en action du héros qui avance vers la gauche, mais tourne son buste et sa tête vers la droite ; il brandit sa massue, l’ombre de son bras tombe sur son visage barbu, ses sourcils froncés, ses cheveux agités par le mouvement du chef ; sa main gauche tient un drapé tournoyant qui cache mal sa nudité. Cette composition est à rapprocher d’un tableau en collection privée et d’undessin de l’artiste à la craie noire conservé à l’Ashmolean Museum, dans lesquels la pose d’Hercule n’est cependant pas tout à fait la même, puisque sa masse est posée sur son épaule, exprimant une force plus contenue mais non moins menaçante.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 28 avril 2016


Notes

1« Un Suédois à Paris au 18e siècle : la collection Tessin », Paris, Musée du Louvre, du 17 Octobre 2016 au 16 Janvier 2017.





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