Un portrait de Thomas Lawrence acquis par le musée de Bath


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Sir Thomas Lawrence (1769-1830)
Esquisse pour le portrait d’Arthur Atherley, 1791
Huile sur toile - 62,2 x 50,8 cm
Bath, Holburne Museum
Photo : Lowell Libson Ltd

25/4/16 - Acquisition - Bath, The Holburne Museum - Le public anglais, lui-non plus, ne se lasse pas des souscriptions lancées par les musées (voir la brève du 17/4/16), puisqu’il a répondu présent à celle du Holburne Museum de Bath, commencée à l’automne 2015 afin d’acquérir une œuvre de Thomas Lawrence conservée dans une collection particulière et vendue par l’intermédiaire de la galerie londonienne Lowell Libson Ltd. 61 209 livres ont ainsi été obtenues sur les 420 000 que demandait le propriétaire. Le musée a en outre bénéficié de l’aide de l’Art Fund, de l’Heritage Lottery Fund, et du ACE/V&A Purchase Grant Fund.

Né à Bristol, Lawrence s’installa à Bath avec sa famille en 1782. Étonnamment, le musée ne conservait pas d’œuvre de sa main jusqu’à ce jour, bien qu’il compte dans sa collection des portraits de peintres prestigieux tels que Gainsborough, Reynolds ou Allan Ramsay.
Le tableau récemment acquis est une esquisse à l’huile pour le portrait du jeune Arthur Atherley qui se trouve au Los Angeles County Museum of Art (LACMA), peint en 1791. C’est un moment clé dans la carrière de l’artiste : à 23 ans, ses talents de portraitiste étaient reconnus, il habitait Londres depuis 1787 et il exposa cette peinture à la Royal Academy en 1792, l’année de la mort de Reynolds ; celui-ci laissait vacante la place de peintre ordinaire du roi que Lawrence occupa. Il devint par ailleurs membre de la Royal Academy en 1794.

Arthur Atherley est alors âgé de 19 ans ; ce fils de banquier allait devenir membre du Parlement, représentant de la circonscription de Southampton. Sur le portrait achevé, il se tient debout, coupé aux genoux, devant Eton College qu’on aperçoit au loin sous un ciel menaçant. Sa pose est élégante, une main sur la hanche, l’autre tient un chapeau. Il est vêtu d’un manteau rouge qui se détache clairement sur le paysage, alors que Lawrence avait commencé par choisir un bleu. Dans l’esquisse, le peintre concentre toute son attention sur l’expression de son modèle, à son regard ténébreux renforcé par une ombre qui le voile en partie. La fraîcheur de ce visage isolé ressort d’autant plus sur la toile laissée inachevée ; on retrouve cette approche pour bien d’autres portraits.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 25 avril 2016





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