Le Musée de Grenoble achète un Morandi


JPEG - 127.9 ko
Giorgio Morandi (1890-1964)
Nature morte, 1939
Huile sur toile - 23 x 25 cm
Grenoble, Musée
Photo : Musée de Grenoble

7/10/15 - Acquisition - Grenoble, Musée - De manière obsessionnelle, Morandi ne peignit toute sa vie que des paysages et des natures mortes, dont la sobriété fait la force : sur de petits formats, dans des tonalités sourdes, souvent des camaïeux, il agence inlassablement des bouteilles, des tasses, des carafes, cherchant l’équilibre et l’harmonie. Ces objets d’une simplicité déconcertante invitent ainsi à la méditation.

C’est l’une de ces natures mortes qu’a pu acquérir le Musée de Grenoble, auprès de la galerie canadienne Landau Fine Art pour 1,1 millions d’euros. Reconnue « œuvre d’un intérêt majeur pour le patrimoine national » par le Ministère de la culture, elle a pu profiter d’un mécénat important puisque les entreprises participant à son achat bénéficiaient de dispositions fiscales. Ainsi le Club des Mécènes du Musée de Grenoble a apporté 830 000 euros et la Ville 270 000 euros.
Cette acquisition est d’autant plus importante que l’artiste est très peu représenté dans les institutions publiques françaises (deux peintures au Centre Pompidou, deux au Musée Granet d’Aix en Provence, une au Musée des Beaux-Arts de Lyon). Rappelons, en outre que Guy Tosatto directeur du musée a consacré son DEA à l’artiste.

Dans cette nature morte, deux bouteilles encadrent un pichet rouge au centre d’une composition majoritairement brune. La mise en scène est à la fois sévère et théâtrale. L’artiste joue sur les volumes simplifiés, soulignés par un rai de lumière, sur les lignes également, le bord de la table ronde par exemple perturbe l’équilibre et la symétrie. La toile date de 1939, une période d’avant-guerre marquée par une faible production. On trouve cependant plusieurs tableaux entre 1938 et 1941 dans lesquels il reprend les mêmes motifs agencés différemment, avec toujours la tache rouge au centre et les deux bouteilles de part et d’autre.
Acquérir une telle œuvre, à ce prix, est difficile pour un musée de province. Il est heureux de voir que certains ne pensent pas que c’est impossible, croyant plus simple d’y renoncer sans même essayer.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 7 octobre 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Le Virginia Museum achète un portrait de Benjamin West

Article suivant dans Brèves : Une marine de Fitz Henry Lane acquise par Princeton