Le musée de Fort Worth identifie et acquiert une esquisse de Bonington


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Richard Parkes Bonington (1801-1828)
Intérieur de Saint-Ambroise de Milan, 1826
Huile sur bois - 34.9 x 42.9 cm
Fort Worth, The Kimbell Art Museum

29/2/16 - Acquisition - Fort Worth (Texas), The Kimbell Art Museum - Une assemblée éparse et féminine suit la messe dite par le prêtre qu’on aperçoit à peine dans le chœur devant l’autel. Une lumière tamisée forme des carrés sur le sol et vient caresser quelques silhouettes recueillies. L’Intérieur de Saint-Ambroise de Milan est une petite étude à l’huile qu’a récemment acquise le Kimbell Art Museum auprès d’un collectionneur du Texas, Mac Shafer of Mineral Wells. Elle était jusque-là attribuée à l’Écossais David Roberts (1796-1864), sans le moindre doute puisqu’elle était signée, et datée de 1841. Mais le directeur adjoint du musée, George Shackelford s’est aperçu qu’une aquarelle conservée à la Wallace Collection, identique à l’esquisse à l’huile, est en réalité de Richard Parkes Bonington. Plus achevée, elle en reprend la composition, tout en variant les personnages. Il s’est avéré par la suite que la signature écossaise avait été apposée par-dessus le vernis, sans doute par un marchand un peu trop zélé, désireux de vendre un tableau signé plutôt qu’anonyme.
Il faut dire que Bonington, mort très jeune, est plus connu pour ses vues de Venise et ses scènes côtières que pour ses intérieurs d’église. Il est de fait allé en Italie du Nord en 1826 en compagnie de Charles Rivet, s’est arrêté à Milan et sans doute cette esquisse rapidement brossée a-t-elle été réalisée sur le motif tandis que l’aquarelle de la Wallace est une reprise ultérieure plus appliquée. La peinture de Fort Worth faisait probablement partie du fonds d’atelier vendu après la mort de l’artiste, en 1829.
Cette étude rejoint au Kimbell une autre esquisse de l’artiste, une Vue du Grand Canal vers le Rialto acquise en 2009 ; également peinte sur le motif lorsqu’il était à Venise, elle servit de modèle a une oeuvre plus aboutie aujourd’hui à la National Gallery of Art de Washington. Présentées côte à côte, ces deux peintures permettent de montrer la subtilité de la touche de Bonington pour traduire la clarté d’un paysage ou les ombres d’une scène d’intérieur.

Pour la petite histoire, signalons que George Shackelford, lui même fin connaisseur, a fait cette trouvaille en cherchant sur internet pendant qu’il participait sur Facebook au groupe Le connoisseur. Ce groupe réunit des historiens de l’art de toutes les nationalités et d’horizons divers (conservateurs, universitaires, marchands, historiens de l’art indépendant...) qui s’amusent à retrouver la véritable attribution d’œuvres publiées sans nom d’auteur.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 1er mars 2016





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