Le Musée d’Art et d’Histoire de Genève achète un dessin d’Ingres


16/12/14 - Acquisition - Genève, Musée d’Art et d’Histoire - Mercredi dernier, dans la vente aux enchères de la collection Reverdin à l’hôtel des Ventes de Genève, le musée suisse a acquis, pour 55 000 francs suisses hors frais (57 250 €), le portrait dessiné par Ingres du peintre et graveur genevois François-Gédéon Reverdin1 (ill. 1).


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1. Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867)
Portrait de François-Gédéon Reverdin, 1823
Crayon de graphite - 29,5 x 21,5 cm
Genève, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : MAHG
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2. François Gérard (
Portrait de François-Gédéon Reverdin, 1796
Huile sur panneau - 55 x 44 cm
Vendu à Genève le 10/12/14
Photo : Hôtel des Ventes de Genève

L’œuvre est datée du 15 novembre 1823 alors que les deux hommes se trouvent à Florence. Une lettre de Reverdin à son épouse, conservée dans la famille, parle de ce portrait : « Ce cher camarade d’Etudes (M. Ingres) a eu l’aimable bonté de vouloir faire un croquis de ma baroque figure, ce qui a été l’affaire de 3h, je le tiens, il est fort ressemblant, car Guigon juge plus désintéressé que moi en est fort satisfait [...] Que diable faire, j’ai cruellement changé depuis que Gérard eut la même fantaisie que mon ami de Florence ». Son portrait peint par François Gérard, auquel il fait allusion dans cette lettre, fut peint 27 ans plus tôt, en 1796 et était proposé dans la même vacation (ill. 2). Il montre un jeune homme qui vient d’entrer, avec Gérard et Ingres, dans l’atelier de David et a tout l’avenir devant lui, bien différent du bourgeois sévère et désabusé que représente Ingres.
Une exposition sur François-Gédéon Reverdin, « Gravures néoclassiques d’après François-Gédéon Reverdin – Quand la copie devient modèle » a été organisée par le Musée Rath en 2008, consacrée aux dessins d’interprétation de l’artiste, destinés à a gravure2. Les œuvres originales, peintes ou dessinées, de Reverdin semblent rares. Le seul tableau de lui passé récemment en vente semble être le portrait de son fils Adolphe, vendu à Genève en 20123. Le caractère un peu passé du dessin acquis par Genève, sans doute en raison d’une exposition trop longue à la lumière, explique certainement le prix relativement bas de cette œuvre.


Didier Rykner, mardi 16 décembre 2014


Notes

1Merci à Étienne Dumont pour nous avoir signalé cet achat qu’il a publié sur son blog sur le site de Bilan.ch.

2Nous ne l’avons pas vue, et n’avons pas consulté son catalogue qu’Étienne Dumont qualifiait de « modeste ».

3Huile sur toile, 46 x 39 cm.





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