Deux acquisitions récentes de l’Art Institute of Chicago


15/12/14 - Acquisitions - Chicago, Art Institute - Le musée américain a récemment acquis, auprès de la galerie Talabardon & Gautier, deux œuvres françaises de la seconde moitié du XIXe siècle.


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1. Henri Fantin-Latour (1836-1904)
Autoportrait, 1857
Fusain, estompe et fixatif sur papier bleu - 36.5 x 31 cm
Chicago, Art Institute
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

La première est un autoportrait dessiné d’Henri Fantin-Latour (ill. 1). Réalisé au fusain sur papier bleu, ce dessin est impressionnant par la maîtrise du noir, une partie du visage, laissée en réserve, semblant sortir de l’ombre. Daté de 1857, il est proche de toute une série d’œuvres comparables, réalisées « le soir à la lumière » comme l’a précisé son épouse Victoria Dubourg1, et qui montrent l’influence de Rembrandt que l’artiste admirait. En France, plusieurs musées, notamment Orsay, en conservent des exemples proches.


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2. Louis Anquetin (1861-1932)
Élégante à l’Élysée-Montmartre, 1888
Huile sur toile - 91,5 x 72,5 cm
Chicago, Art Institute
Photo : Galerie Talabardon & Gautier

La seconde est un splendide tableau de Louis Anquetin, datant de la courte période où il pratiqua le cloisonnisme, technique davantage que mouvement dont l’invention est souvent créditée au peintre mais qui s’insère dans les diverses expérimentations équivalentes que mènent alors les peintres Nabis.
L’endroit où se trouve cette jeune femme peut être identifié grâce à la vasque sculptée : il s’agit du célèbre bal de l’Élysée-Montmartre où Toulouse-Lautrec dont Anquetin était proche, dessina Valentin le Désossé. On admirera la manière dont l’artiste peint de manière volontairement plane, par grands aplats de couleur et sans perspective, l’effet de profondeur étant créé par les tailles plus réduites des femmes de l’arrière-plan, dont les costumes sont beaucoup plus sommaires, se résumant à des taches uniformément colorées. Anquetin ne travailla que quelques années dans cette manière, revenant par la suite à un style plus classique et moins audacieux.


Didier Rykner, lundi 15 décembre 2014


Notes

1Cité par Louis-Antoine Prat, Le Dessin français au XIXe siècle, Paris, 2011, p. 464.





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