Le Musée Bonnard lance une souscription


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Pierre Bonnard (1867-1947)
Les Grands Boulevards, vers 1895
Encre et gouache sur papier - 30,5 x 48 cm
Collection particulière
© Adagp 2017/Jean-Michel Drouet
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30/5/17 - Mécénat - Le Cannet, Musée Bonnard - Le Musée Bonnard du Cannet lance une souscription afin d’acheter auprès d’un collectionneur privé une œuvre graphique du maître intitulée Les Grand Boulevards.

Réalisée à l’encre et à la gouache vers 1895, elle permet d’évoquer les débuts de celui qui fut surnommé « le nabi très japonard ». De fait, l’influence du japonisme, alors en vogue, est sensible dans ce dessin, par l’économie de sa mise en page, l’asymétrie de la composition, les effets de vides et de pleins obtenus grâce à de simples regroupements de figures noires, telles des ombres chinoises. Au milieu d’une foule d’hommes, vus de dos pour la plupart, rigides dans leurs pardessus et coiffés de leurs hauts-de-forme - ils annoncent presque Golconde de Magritte - surgissent une mère et sa fille, de face, au premier plan, le chapeau de la femme rehaussé de gouache bleue.
On retrouve cette silhouette féminine élégante notamment dans une lithographie passéee sur le marché de l’art. L’artiste utilise en outre une composition similaire, plus dansante, pour mettre en scène les Patineurs.

Les grands boulevards et plus généralement la vie moderne de Paris, ses loisirs, ses foules, son brouhaha, sont des motifs qui reviennent dans l’œuvre de Bonnard au cours des années 1890, aussi bien dans ses peintures que dans ses lithographies ; l’une d’elles joue sur les mêmes notes noires qui semblent disposées sur une portées scandée d’arbres.
Car le musée, qui expose d’abord des œuvres du Cannet - le peintre s’y installa en 1922 et y séjourna jusqu’à sa mort en 1947 -, a aussi pour but de montrer les différentes étapes de sa carrière. Il commença par la publicité, se tourna vers l’illustration, produisant des gravures, des lithographies, des eau-fortes ; c’est un aspect moins connu de son art auquel le Musée Cantini avait consacré une exposition en 20071.

Bien qu’il en produisit beaucoup, on conserve peut d’œuvres à l’encre de Chine comme celle-ci, qui se distingue par son format et par son état de conservation. Elle est probablement préparatoire à une lithographie. Elle fut achetée à Bonnard par le père de l’actuel propriétaire et fut peu exposée depuis. Son prix est de 80 000 euros ; 60 000 euros seront fournis par le FRAM et la Ville du Cannet ; restent 20 000 euros que le musée espère trouver grâce au mécénat public. Il est possible de participer à cette souscription jusqu’au 3 juillet via la plateforme de financement Kisskissbankbank.

Rappelons que 2017 marque les 150 ans de la naissance de Bonnard.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 30 mai 2017


Notes

1« Dessins de Pierre Bonnard : une collection privée », Marseille, Musée Cantini, du 12 mai au 2 septembre 2007 /





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