Le Baroque des Lumières. Chefs-d’œuvre des églises parisiennes du XVIIIe siècle Contenu abonnés


Paris, du 21 mars au 16 juillet 2017.

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1. Jean Jouvenet (1644-1717)
Le Magnificat, 1716
Huile sur toile - 431 x 441 cm
Paris, cathédrale Notre-Dame
Photo : Didier Rykner
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L’exposition que propose le Petit Palais est, tout simplement, l’une des plus belles, des plus intéressantes, et des plus utiles que nous ayons jamais vues. Belle, elle l’est par la qualité des œuvres exposées, mais aussi par l’intelligence de sa scénographie1 qui n’en fait ni trop, ni trop peu. Intéressante, car elle fait découvrir des œuvres fort mal connues bien qu’elles soient exposées dans des endroits en principe très accessibles. Et utile, surtout, en permettant de restaurer certaines peintures et en faisant connaître la richesse des églises de la capitale. Car ce patrimoine pictural est souvent menacé par le désintérêt et l’abandon. Une fois n’est pas coutume, nous apprécierons donc d’abord l’effort fait à cette occasion par la Mairie de Paris qui a laissé le Petit Palais organiser cet événement.

L’exposition est organisée thématiquement, essentiellement dans le même ordre que le catalogue, et en mettant en avant l’édifice d’origine d’où proviennent les tableaux. Il faut en effet se rappeler que rares sont les tableaux accrochés à l’endroit pour lequel ils ont été peints. D’une part, la plupart des œuvres furent enlevées, dès le début de la Révolution, de leur emplacement. Leur destin fut divers, souvent tragique. Beaucoup ont été détruites, d’autres sont entrées dans des musées, d’autres encore vendues… Si certaines revinrent dans les églises de Paris, ce fut rarement à leur place. De nombreuses églises d’ailleurs avaient disparu pendant et après la Révolution. Ce grand brassage est déplorable certes, mais il a fait d’une certaine manière la joie des historiens de l’art qui se transforment en détectives pour retrouver des tableaux. L’exposition ne montre pourtant pas d’œuvres réapparues : les peintures parisiennes sont désormais bien répertoriées - à défaut d’être publiées - grâce aux travaux de la COARC2 même si des découvertes sont toujours possibles, comme dans les églises de province, voire au-delà : signalons à la fin de cette année l’exposition qu’organisera le Musée des Beaux-Arts de Rennes, consacrée aux tableaux provenant des édifices religieux de la capitale que l’Abbé Desjardins emmena au Québec après la Révolution.

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2. Charles-Antoine Coypel (1694-1752)
Les Pèlerins d’Emmaüs
Huile sur toile - 292 x 226 cm
Paris, église Saint-Louis-en-l’Île
Photo : Didier Rykner
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Dès l’entrée, un tableau frappe le visiteur : le grand Magnificat (ill. 1) peint par Jouvenet pour Notre-Dame de Paris. Comme beaucoup de toiles exposées au Petit Palais, elle faisait partie d’un ensemble dont une partie est aujourd’hui perdue. Ce chef-d’œuvre, commandé pour le chœur, est aujourd’hui accroché dans une chapelle du déambulatoire, pas bien mis en valeur : c’est l’un des nombreux avantages de cette exposition de montrer dans les meilleurs conditions ces tableaux…

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