La sculpture du XIXe au musée de Lille : un nouveau catalogue Contenu abonnés


Auteur : Sous la direction de Michèle Moyne

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Heureux, les musées vertueux – l’adjectif pèse double – qui s’évertuent tout simplement, et très courageusement, à étudier et publier leurs fonds ! – Tâche cardinale de l’institution mais souvent oblitérée sinon moquée, reléguée à l’arrière-plan de la scène par les faciles, trop faciles fascinations du jour, du type : nuits des musées, animations musicales ou chorégraphiques (la dernière trouvaille qui enchante), ou encore dialogues toujours plus envahissants et finalement naïfs entre art-cimetière du passé et art (?) contemporain (tout le monde, et chaque époque a le droit d’être, alors, n’est-ce pas !). Comme il a donc du mérite (et de la sagesse), et de quoi à bon droit nous surprendre et nous ravir, ce musée de Lille qui vient de sortir ? en septembre dernier ? un surabondant Catalogue, pas si sommaire qu’il le dit, car exhaustif et intégralement illustré (un peu plus de 1230 reproductions), de ses sculptures, médaillons, moulages des XVIIIe et XIXe siècles. Que l’on se représente l’effort qu’il y eut, dans un si court laps de temps (2007-2009), à inventorier, classer, (re)mesurer, identifier et photographier 323 sculptures si notre comptage n’est pas trop inexact, 208 médailles et plaquettes et, vraie cerise sur le gâteau, 635 moulages, une richesse insoupçonnée sur laquelle il faudra bien revenir1. Et cette prouesse éditoriale doit être encore saluée sur un autre point : elle a bénéficié d’un décisif mécénat, celui de la société Vallourec2 en l’occurrence, ce qui n’est pas si évident lorsqu’on constate que les mécénats servent rarement – c’est peu flatteur (ou pas assez démagogique, diront certains esprits chagrins …) – à financer des livres et qu’ils ne sont pas forcément dirigés sur l’utile (on restaurera plutôt le déjà très connu qui rassure, on subventionnera plus volontiers d’éphémères et égoïstes expositions …). Que de catalogues de musée, que de thèses verraient le jour si l’heureux exemple de Lille faisait contagion. Ne peut-on, après tout, se prendre à rêver …


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1. Georges Lacombe (1868-1916)
Marie-Madeleine
Bois - 105,5 x 43 x 52,5 cm
Lille, Palais des Beaux-Arts
Photo : RMN
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Le fonds de sculptures du musée de Lille, si riche en œuvres du XIXe siècle (en dépit du titre du catalogue, le XVIIIe siècle traité là reste modeste, d’autant qu’il ne comprend que les artistes nés à partir de 1758, ce qui exclut par exemple Pajou, Roland, Houdon, Boizot, eux aussi présents à Lille3), ce fonds présente une double et intéressante particularité. D’abord, il s’est pour l’essentiel constitué assez tardivement dans le XIXe siècle, en phase avec le remarquable essor du musée sous le conservateur Reynart qui culmine avec l’ouverture en 1892 de l’actuel – et fastueux – Palais des Beaux-Arts, lequel comporte justement une ample galerie de sculptures, elle-même en harmonie avec la superbe richesse de l’époque et de la région. Autant dire que ce n’est pas là – sculptures s’entend – un fonds d’origine, rassurant par le…

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