Jacques-Emile Blanche, peintre, écrivain, homme du monde Contenu abonnés


Évian, Palais Lumière, du 7 mai au 6 septembre 2015

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1. Vue de l’exposition
De drtoie à gauche : Jeannine Dumas (1889), Arabesque (1886),
Louis Metman (1888), Cocteau
Evian, Palais Lumière
Photo : Paul Pastor

Qui ne connaît pas le portrait (l’unique) de Marcel Proust ? Qui connaît son auteur ? La célébrité d’un modèle éclipse parfois la renommée d’un peintre. Fort heureusement le Palais Lumière d’Évian rend justice à Jacques-Emile Blanche dans une magnifique rétrospective1 qui réunit plus de 120 œuvres, certaines restaurées pour l’occasion, toutes reproduites et commentées dans le catalogue, beaucoup prêtées par le Musée des Beaux-Arts de Rouen qui possède le fonds le plus important de l’artiste. Car Blanche qui passa sa vie entre Paris et Londres, aimait aussi la Normandie, Dieppe en particulier pour ses mondanités de plage, et Offranville où il aménagea le manoir de Tot. Aussi donna-t-il entre 1921 et 1932 quelque 140 œuvres au musée de la région.
Cette exposition nuance l’étiquette de dilettante touche-à-tout et de portraitiste mondain qui colle à l’artiste, en déployant son œuvre dans sa diversité, son œuvre peint surtout, son œuvre littéraire un peu, deux professions auxquelles il en sacrifia une troisième : la musique (où l’on découvre qu’il est déchirant d’avoir trop de talent). Autodidacte, avec cela. Il faut dire que le terreau était fertile : dans le salon de ses parents - son père était un célèbre aliéniste - il côtoyait Gounod qui lui enseigna la musique, Berlioz, Bizet, Manet, Renoir, Degas, Ludovic Halévy... Même les aliénés étaient des génies (de là à dire qu’il y a un lien de cause à effet…) puisque le docteur Blanche eut pour patients Maupassant, Gérard de Nerval et quelques autres. En peinture, Manet était trop vieux pour devenir son maître et Renoir trop vulgaire aux yeux de sa mère. Il alla voir Gervex.

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2. Jacques-Émile Blanche (1861-1942)
Jeune femme en blanc, 1886
Huile sur toile - 81 x 60 cm
Paris, Musée de la vie romantique
Photo : bbsg

Dès les premières salles surgissent de grands portraits en pied (ill. 1). Deux dandies d’abord, dotés de toute la panoplie : monocle, canne, gants, guêtres, nœud papillon et même caniche. Ils sont superbes ainsi tirés à quatre épingles, on en oublierait presque que l’un est conservateur, l’autre écrivain, Louis Metman (1888) et Jean Cocteau (1913). Les dandies côtoient bien sûr les élégantes : à la fin des années 1880 et au début des années 1890, Blanche réalisa de nombreux portraits féminins de grand format ; détaillant leurs toilettes raffinées autant que leur physionomie, il fixe sur la toile un type social plus qu’une personnalité, même si l’on reconnaît ici Jeannine Dumas, là Henriette Chabot dans sa robe d’un goût nouveau, « à l’américaine » sur un fond vibrant de tapisserie (ill. 2). Une fois n’est pas coutume, le pinceau de Blanche est ici plus clément que sa plume à l’égard de la jeune fille : « un visage niais, mais un teint adorable. ». Le peintre puise son inspiration chez Whislter et présente à cette époque ses…

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