Du côté de chez Jacques-Émile Blanche. Un salon à la Belle époque Contenu abonnés


Paris, Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, du 11 octobre 2012 au 27 janvier 2013.

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1. Jacques-Émile Blanche (1861-1942)
Portrait de Marcel Proust, 1892
Huile sur toile - 73,5 x 60,5 cm
Paris, Musée d’Orsay
Photo : RMN-Grand Palais/Hervé Lewandovski
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La Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent présente une superbe exposition consacrée à Jacques-Émile Blanche (1861-1942). C’est la première réunion conséquente d’œuvres de cet artiste organisée à Paris depuis 1943, ce qui semble invraisemblable, et en France depuis l’exposition du Musée des Beaux-Arts de Rouen en 1997 ; c’est donc un événement qu’il convient de saluer. Disons tout de suite qu’il ne faut pas se laisser entièrement distraire par le beau titre aux résonnances proustiennes choisi par les organisateurs, et à l’initiative de Pierre Bergé lui-même, pas plus que par le superbe parti-pris scénographique mis en œuvre par Jacques Grange et Nathalie Crinière et qui recrée tout à fait légitimement l’ambiance d’un « salon », bien que ce propos soit intimement lié à l’univers de l’artiste : on comprend bien que Pierre Bergé et le commissaire de l’exposition Jérôme Neutres ont souhaité évoquer avec subtilité un monde dont on sait que, sous sa forme la plus aboutie, il s’estompa après la Première Guerre mondiale, mais si le peintre s’inscrit en effet dans ce haut moment de perfection et de civilisation que fut la « Belle époque », limiter son influence et son art à un reflet de la société de son temps, ce que ne manqueront pas de faire, comme d’habitude, les détracteurs de tout art n’entrant pas dans le schéma éculé des « avant-gardes », équivaudrait à quelque chose comme réduire Marcel Proust lui-même à un motif et pourquoi pas à un chroniqueur mondain (qu’il fut d’ailleurs aussi). Pierre Bergé se demande dans sa préface si Jacques-Émile Blanche est un vrai peintre ; Blanche lui-même évoque une ambition qui est de restituer le « ton » d’une époque, mais les artistes sont-ils les mieux placés pour juger de leur art ? Rien n’est moins sûr. Le portrait célébrissime de l’auteur de La Recherche du temps perdu, qui a été choisi pour l’affiche de l’exposition (ill. 1), et qui accueille le visiteur (ill. 2) en compagnie de ceux, admirables, de Maurice Barrès (ill. 3), Robert de Montesquiou (ill. 4) et Pierre Louÿs (ill. 5), suffit à apporter la réponse : c’est bien de la peinture que l’on vient voir et l’on n’est pas déçu ! Au-delà de ses chers modèles, au-delà du sujet, au-delà même de la Belle époque, Blanche est un vrai grand artiste et les nombreuses œuvres rassemblées avenue Marceau en donnent l’éclatante démonstration.


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2. Première salle de l’exposition
Photo : Fondation Pierre Bergé–Yves Saint Laurent
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3. Jacques-Émile Blanche (1861-1942)
Portrait de Maurice Barrès, 1891
Huile sur toile - 99 x 82 cm
Paris, Bibliothèque nationale de France
Photo : Paris, BNF
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4. Jacques-Émile Blanche (1861-1942)
Portrait de Robert de Montesquiou, 1889
Huile sur toile - 78 x 54 cm
Collection particulière

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