Entretien avec Pierre Rosenberg Contenu abonnés


A l’occasion de l’exposition Poussin, Watteau, Chardin, David... Peintures françaises dans les collections allemandes XVIIe - XVIIIe siècles qui vient de s’ouvrir et dont il est le commissaire, nous avons longuement rencontré Pierre Rosenberg , de l’Académie française, président-directeur honoraire du musée du Louvre. Au delà de l’exposition, nous l’avons interrogé sur ses projets, sur les trésors nationaux et beaucoup d’autres sujets.

Comment est né ce projet d’exposition ?

C’est tout simple. En 1982, j’avais organisé une exposition sur la peinture française du XVIIe siècle dans les musées américains. Ce fut un beau succès, et cela me donna l’envie, avec la Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland de Bonn, de faire la même chose pour l’Allemagne, en incluant cette fois le XVIIIe siècle.

1982, cela fait longtemps...

C’est exact. C’est un vieux projet qui a pris du temps. J’ai beaucoup voyagé en essayant, je dis bien en essayant, de voir tous les musées, toutes les réserves, tous les dépôts. Je vais d’ailleurs publier bientôt l’inventaire de tous les tableaux français du XVII et du XVIIIe siècles des musées allemands.

Mais il ne paraîtra qu’en allemand, pas en français ?

Oui, mais il sera très facile à comprendre, à part peut-être les titres, car ce n’est qu’un inventaire. Tout cela a été possible grâce à David Mandrella qui a été mon collaborateur. Il est à la fois français et allemand et son travail a été financé entièrement par Bonn. Il a été le poisson pilote du projet.

Comment avez-vous travaillé avec vos collègues allemands ?

Pour mes voyages, je demandais qu’ils me préparent tout, et j’ai pu presque tout voir. J’ai eu toutes les photos que je souhaitais. Bien sûr, certains prêts m’ont tout de même été refusés, mais quelques musées ont été très généreux, comme Munich et Karlsruhe. L’institution la moins prêteuse a été la Fondation des Jardins et Palais Prussiens de Berlin. Pour cette raison, je n’ai pu évoquer comme je l’aurais souhaité la grande personnalité de Frédéric le Grand et certains tableaux manquent. D’autre part, l’exposition allant ensuite à Bonn et à Munich, certains prêteurs ne souhaitaient pas, ce que je comprends parfaitement, prêter aux trois musées. Plusieurs tableaux sont donc absents pour cette raison soit à Paris, soit à Bonn, soit à Munich. Mais enfin, il n’en manque tout de même pas beaucoup.

Quels sont ceux que vous regrettez le plus ?

Il y a bien sûr les deux Watteau, Le pèlerinage à Cythère, qu’on aurait pu, comme lors de l’exposition de 1984, montrer à côté de celui du Louvre, et surtout L’enseigne de Gersaint, sans doute le plus beau tableau du XVIIIe siècle français. Je les regrette amèrement.

A ce propos, en arrivant dans la salle des Fêtes galantes, au bout du premier étage, il y a un étrange vide sur le mur du fond, comme si vous aviez voulu témoigner de l’absence de L’enseigne.

(Sourire)Ce n’est pas faux. On peut citer aussi parmi les absents Le four à chaux de Sébastien Bourdon de Munich, qui m’a été refusé, mais qui a même été refusé... à Munich puisqu’il ne fera pas même le déplacement de la Pinacothèque à la Haus der Kunst où se tiendra l’exposition. Il est trop fragile.

Vous exposez un Ange de Jacques Bellange, signé, conservé à Karslruhe. Pourtant, Jacques Thuillier ne le reconnaît pas. Savez-vous pourquoi ?

Selon Thuillier, on n’a retrouvé aucun tableau de Bellange. Pour ma part, je pense que l’on…

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