Droit de réponse du Musée d’Orsay à notre éditorial : Quand le Musée d’Orsay punit La Tribune de l’Art !


Nous avons reçu de Guy Cogeval, président du Musée d’Orsay, agissant au nom de cet établissement public, ce droit de réponse à notre éditorial : Quand le Musée d’Orsay punit La Tribune de l’Art !

Dans l’article mis en ligne le 23 octobre 2013 sur le site internet www.latribunedelart.com intitulé « Quand le musée d’Orsay punit La Tribune de l’Art ! », il est affirmé que la critique publiée le 13 octobre 2013 par La Tribune de l’Art sur l’exposition « Masculin/Masculin » a provoqué l’annulation de l’annonce publicitaire informant de l’appel à candidature pour le prix du musée d’Orsay. Cette annulation est présentée comme une mesure de « rétorsion directe » de la part du Président du musée.

L’article précise également que la Tribune de l’Art n’ignorait pas que la critique « risquait de provoquer, de la part du Président d’Orsay et commissaire de l’exposition, Guy Cogeval, une forte réaction ». La Tribune de l’Art remercie ensuite Guy Cogeval de faire la « démonstration (...) éclatante » que « jamais un annonceur ne guidera [son] rédactionnel ». Enfin, il est ajouté que Guy Cogeval ne supporte pas les « critiques [de la Tribune de l’Art] pourtant toujours sincères » et affirme que « qui n’est pas avec [Guy Cogeval] est contre lui ».

Le musée d’Orsay rappelle qu’il a un profond respect pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et d’opinion ainsi que pour la mission d’information du public des médias. Son souhait de renoncer cette année à la parution de la publicité concernée dans la Tribune de l’Art résulte de considérations strictement budgétaires. Il suffit pour s’en convaincre de rappeler que la Tribune de l’Art a dans le passé publié des articles contenant des critiques très sévères sur les activités du Musée d’Orsay, qui lui a néanmoins confié, postérieurement à ces articles, des annonces publicitaires.

Le Président des Musées d’Orsay et de l’Orangerie regrette d’avoir ainsi été injustement mis en cause.

Pour le musée d’Orsay
Guy Cogeval
Président du musée d’Orsay et du musée de l’Orangerie

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Notre commentaire à propos de ce droit de réponse :

Nous nous étions donc trompé. Le Musée d’Orsay a un profond respect pour la liberté de la presse, la liberté d’expression et d’opinion ainsi que pour la mission d’information du public des médias. Nous avions mal interprété la chronologie des faits (le 3 octobre, le Musée d’Orsay nous demande la date limite pour l’envoi du visuel concernant la publicité qu’il nous avait confirmée le 17 septembre ; le 13 octobre paraît notre article très critique sur Masculin/Masculin et le 23 octobre l’achat de la publicité est annulé) en l’interprétant comme une volonté de rétorsion.

Dont acte. Mais puisqu’il ne s’agit pas de cela, on doit alors s’interroger sur la rigueur de gestion d’un établissement public qui s’aperçoit qu’il n’a en réalité pas le budget pour un achat fait vingt jours plus tôt et qu’il annule moins d’un mois avant la prestation. On ne comprend pas non plus pourquoi il nous avait affirmé : « En cette période de restriction budgétaire, le musée aimerait faire l’appel à candidature par le biais de réseaux professionnels gratuits. Ce sera une façon d’évaluer si ce mode de diffusion suffit », alors que cette annonce publicitaire (payante) est parue dans au moins un journal mensuel consacré à l’art.

Il est dommage par ailleurs que le Musée d’Orsay ait cru devoir envoyer ce droit de réponse en deux exemplaires (au siège et aux bureaux de La Tribune de l’Art) en recommandé avec accusé-réception. Comme nous l’avons souvent indiqué, La Tribune de l’Art étant également très attachée à la liberté d’expression et d’opinion, nous publions toutes les demandes de droits de réponse qui nous sont faites même lorsqu’elles ne le sont pas dans les formes légales. Si le président du Musée d’Orsay souhaite adresser un nouveau droit de réponse à notre commentaire, ou même un droit de réponse à notre article sur les catalogues (pour, par exemple, affirmer que ceux du Musée d’Orsay sont toujours d’un sérieux et d’une rigueur exemplaires), nous le ferons bien volontiers même si celui-ci est envoyé simplement par mail. Il est regrettable qu’en cette période de restriction budgétaire le musée ait dû débourser 10,62 € alors qu’il aurait pu obtenir le même résultat gratuitement.

Didier Rykner


Droit de réponse, jeudi 19 décembre 2013





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