Don d’un Rembrandt à l’Agnès Etherington Art Centre


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Rembrandt van Rijn (1606-1669)
Portrait d’homme, les mains sur les hanches, 1658
Huile sur toile - 107,4 x 87 cm
Kingston, Agnès Etherington Art Centre
Photo : Otto Naumann, Ltd.

8/12/15 - Acquisition - Kingston (Ontario), Queen’s University, Agnès Etherington Art Centre - Le tableau avait fait grand bruit en 2009, adjugé 33 millions de dollars par Christie’s à Londres, puis en 2011, présenté à la TEFAF de Maastricht par Otto Naumann Ltd qui en demandait 47 millions de dollars. Aujourd’hui, ce Portrait d’homme les mains sur les hanches est offert par Alfred et Isabel Bader à une collection publique canadienne, l’Agnès Etherington Art Centre de la Queen’s University à Kingston (Ontario). Les deux mécènes lui ont déjà donné quelque 200 tableaux, plus particulièrement des peintures de l’âge d’or hollandais et flamand, parmi lesquels trois Rembrandt. Les deux premiers sont les trognes de vieillards, l’un coiffé d’un bonnet noir fut peint en 1630 (voir la brève du 13/1/04), l’autre d’un turban date de 1661.

Ce troisième tableau se situe entre les deux, réalisé en 1658, à une époque où le maître criblé de dettes fut contraint de vendre sa maison. Le visage est individualisé, il s’agit d’un portrait non d’un tronie. On ne sait s’il s’agit d’une commande, on ne connaît pas non plus l’identité de cet homme, jeune, l’air décidé. Ses traits sont soigneusement observés, tandis que la main est plus esquissée. La composition est très proche de celle de l’autoportrait que Rembrandt a peint en 1652 (Vienne, Kunsthistorisches Museum) : dans les deux cas le modèle a les mains sur les hanches, il est présenté de trois-quarts, sur un fond neutre, le cadre coupé en dessous de la ceinture. Les vêtements, également, sont comparables, qui ne semblent pas correspondre à la mode du moment mais sont intemporels, puisés dans la réserve dont se servait le maître pour habiller ses personnages. Le lumière vient de la gauche éclairer le visage. Dans le tableau canadien, elle passe derrière l’homme et découpe les contours de son bras gauche dans la pénombre, un moyen d’accentuer la profondeur et d’animer l’ensemble peint dans des tons ocres et bruns. En cette année 1658, Rembrandt peignit un autre autoportrait (Frick Collection) dans lequel on retrouve les mêmes effets de lumière.
Ce portrait fait enfin songer à des effigies célèbres peintes par deux grands italiens de la Renaissance, le Baldassare Castlgione de Raphaël dont Rembrandt fit d’ailleurs un croquis (Vienne, Albertina) et Fabrizio Salvaresio du Titien peint en 1558.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 8 décembre 2015





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