Disparition d’Élie-Charles Flamand


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30/05/16 - Disparition - Le 25 mai est mort à Paris le poète et essayiste Élie-Charles Flamand, auteur de plusieurs ouvrages d’histoire de l’art et qui fut parmi les premiers à redécouvrir l’art symboliste dans les années 1960 en collectant œuvres et documents. C’est ainsi que Flamand constitua, avec sa compagne d’alors Alexandra Charbonnier, une remarquable collection d’œuvre d’Henry de Groux, Louis Welden Hawkins, Alexandre Séon, Armand Point, Maurice Chabas et bien d’autres, dont des pièces importantes furent régulièrement prêtées par la suite comme lors de l’exposition French Symbolist Painters en 1972.

Cet intérêt pour l’art idéaliste s’inscrivait chez Flamand dans un contexte global d’une grande érudition et d’une œuvre poétique aboutie. Né en 1928 à Lyon, il avait été l’élève de Jean Viret, le grand géologue et paléontologue. C’est au lendemain de la guerre, en 1948, que Paul Éluard et Pierre Seghers encouragent sa vocation poétique. Il rencontre André Breton dont il devient l’ami et il prend part aux activités du groupe surréaliste dont il s’éloigne en 1960 tout en restant proche de Breton. Féru de culture ésotérique et connaisseur du monde alchimique (il est initié par Eugène Canseliet), Flamand publie plusieurs essais sur l’art de la Renaissance, les peintres musicalistes, dont particulièrement Louise Janin, et de nombreux ouvrages d’érudition qui sont, selon ses propres mots, une « extension de son art poétique » (L’Érotique de l’alchimie, 1970 ; Les Pierres magiques, 1981). Proche d’André Pieyre de Mandiargues, de Paul-Armand Gette, de Toyen (qui illustre son premier recueil en 1957 : À un oiseau de houille perché sur la plus haute branche du feu), cette personnalité d’une grande rigueur intellectuelle s’intéressait aussi au jazz (il connut Bechet, Armstrong, Lester Young etc.) et à tous les domaines de la création. Il croisa aussi la route de Jack Kerouac. Flamand laisse un œuvre poétique d’une trentaine de volumes où l’influence du surréalisme s’enrichit d’une quête spirituelle et d’une recherche formelle d’une grande pureté. En 2004, il relate l’expérience de sa vie dans Les Méandres du sens, retour en Forez, retour sur soi-même, ouvrage où il livre, entre autres, une remarquable analyse alchimique du décor de la Bastie d’Urfé. Figure singulière et lumineuse dans son isolement, Élie-Charles Flamand était l’époux depuis quarante ans du peintre Obéline Flamand. Il avait reçu en 2011 le prix Delmas de l’Académie française. Ses obsèques seront célébrées dans l’intimité en l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville le 1er juin.


Jean-David Jumeau-Lafond, lundi 30 mai 2016





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