Giambologna : les dieux, les héros. Genèse et fortune d’un style européen dans la sculpture Contenu abonnés


Florence, Museo Nazionale del Bargello, du 1er mars au 15 juin 2006. Puis à Vienne, Kunsthistorisches Museum, du 27 juin au 17 septembre 2006.

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1. Giambologna (1529-1608)
Vénus s’essuyant,
dite Vénus Cesarini

Marbre - H : 150 cm
Rome, Ambassade des Etats-Unis
Photo : Service de presse
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On pouvait penser que le Bargello n’accueillerait jamais que de petites expositions. Il vient de démentir cette idée préconçue, en ouvrant ses portes sur une rétrospective consacrée à Giambologna, sculpteur des Médicis. Flamand de naissance, Italien de formation, Français aussi, mais seulement géographiquement1, sa carrière à la cour des Médicis commença dès l’arrivée de François Ier de Médicis au pouvoir en 1564, continua sous Ferdinand Ier pour ne s’achever qu’à sa mort. Il suffit de rappeler son marbre monumental de l’Enlèvement d’une Sabine, une des sculptures florentines les plus célèbres après le David de Michel-Ange, pour souligner le rôle qu’occupa Giambologna entre le Buonarroti et le Bernin dans l’histoire de la sculpture italienne. Cette œuvre de la Loggia dei Lanzi représente l’aboutissement des recherches esthétiques de ce sculpteur parvenu au cours des années à la définition d’une grammaire des formes, de modèles de grâce et de beauté qui se diffusèrent dès la fin du Cinquecento comme un véritable idiome européen, grâce à la traduction de ses inventions en de petits bronzes convoités dans toutes les cours d’Europe.

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2. Giambologna (1529-1608)
L’Architecture, vers 1565
Marbre - H : 152 cm
Florence, Bargello
Photo : Service de presse
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C’est à la dimension internationale de l’art de Giambologna que répondent les ambitions de la rétrospective florentine. Deux ans après la remarquable exposition sur le mécénat de Bindo Altoviti qui tenait dans deux petites salles et inaugurait les nouveaux espaces destinés aux manifestations temporaires, l’accueil réservé aux sculptures du flamand est d’une toute autre envergure, plutôt envahissant. Au départ, il y a quatre ans, ce projet était conçu pour se concentrer sur les œuvres conservées au Bargello en nombre déjà conséquent, et aurait également intégré la production des élèves du maître. Mais pourquoi 2006, alors que 2008 aurait coïncidé avec le 400e anniversaire de la mort de l’artiste ? Et bien, c’était sans compter sur l’opportunité de la fermeture simultanée de deux des plus grandes collections de petits bronzes de Giambologna, les Kunstkammer de Vienne et de Dresde, ce qui modifia considérablement la donne, permettant d’obtenir des prêts en d’autres circonstances impensables. A ceux-ci, ajoutons encore les fameux bozzetti du Victoria and Albert Museum de Londres, la Venus Cesarini que conserve jalousement l’ambassade américaine de Rome (ill. 1), et voilà comment le Bargello présente avec une désinvolture presque insolente un somptueux et émouvant ensemble.

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3. Giambologna (1529-1608)
Apollon, 1573-1575
Bronze - H : 88,5 cm
Florence, Palazzo Vecchio
Photo : Service de presse
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Pour la première exposition sur Giambologna en Italie, Beatrice Paolozzi Strozzi et Dimitrios…

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