Deux nouveaux Perronneau pour Orléans


30/3/17 - Acquisitions - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Devenu l’un des musées français les plus actifs, celui d’Orléans poursuit une intense politique d’acquisitions faite d’achats mais aussi de dons. Nous sommes très en retard dans la recension de ces enrichissements et nous commencerons par une brève consacrée à Jean-Baptiste Perronneau.
On se souvient en effet de l’achat remarqué et remarquable aux enchères publiques, l’année dernière, du portrait d’Aignant Thomas Desfriches (voir la brève du 8/6/16). Ce pastel était passé en vente avec deux autres portraits du même Perronneau, représentant respectivement la femme (ill. 1) et la fille du modèle. D’une qualité cependant inférieure ils n’avaient pas été vendus. C’est ainsi qu’avec beaucoup de constance et d’à propos, le musée est revenu ensuite vers les descendants des Desfriches à qui ces œuvres appartenaient et a négocié à un prix très raisonnable le portrait de son épouse. Celui de leur fille a été déposé au musée. Si ce portrait est incontestablement de moindre qualité que celui de son mari (un chef-d’œuvre), cette acquisition permet ainsi d’éviter la dispersion d’une paire d’œuvres qui était réunie depuis sa création.


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1. Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783)
Portrait de Mme Desfriches, 1751, repris en 1772
Pastel - 59 x 49 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Portrait : MBA d’Orléans
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2. Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783)
Portrait de femme et de son serviteur noir
Pastel marouflé sur toile - 64,5 x 54 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Portrait : MBA d’Orléans
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Olivia Voisin, directrice des musées d’Orléans, nous a confié ne pas avoir pour ambition d’acheter tous les Perronneau sur le marché (ce qui ne serait évidemment pas raisonnable). En revanche, le 7 mars dernier, passait chez Christie’s dans la vente de la collection Boniface de Castellane et Anna Gould un autre portrait de femme par Perronneau qui n’a pas trouvé acquéreur et que le musée a pu obtenir une nouvelle fois en « after sale » grâce, il faut le souligner, au prix très généreux accordé par les propriétaires en faveur de l’acquisition par le musée (21 000 € avec les frais, pour une estimation basse de 53 000 €).
Ce pastel (ill. 2) est important dans la production de l’artiste car il s’agit d’un rare exemple chez celui-ci de double portrait (il n’en existe qu’un autre, celui de Philippe Cayeux et de son épouse). La femme représentée est en effet accompagnée en arrière-plan par son serviteur noir. Autre caractéristique, cette fois unique chez Perronneau : la femme sourit !
Rappelons qu’une rétrospective Perronneau se déroulera au Musée des Beaux-Arts d’Orléans cet été, à partir du 18 juin.


Didier Rykner, jeudi 30 mars 2017





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