Une peinture de Garneray représentant la place de l’Étape préemptée par Orléans


Deux modifications ont été apportées par rapport à l’article originellement publié (voir les notes).

31/3/17 - Acquisition - Orléans, Musée des Beaux-Arts - Alors que nous essayons de rattraper le retard dans la recension des acquisitions du Musée des Beaux-Arts d’Orléans (voir la brève précédente), celui-ci, sans égards pour les pauvres journalistes débordés, préempte encore ! C’est ainsi que dans la vente Bacri chez Sotheby’s aujourd’hui, il s’est à nouveau enrichi d’un tableau acheté pour 13 750 € avec les frais.


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1. Jean-François Garneray (1755-1837)
Place de l’Étape à Orléans, 1819
Huile sur panneau - 45 x 54,8 cm
Orléans, Musée des Beaux-Arts
Photo : Sotheby’s
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2. Place de l’Étape à Orléans avant la Seconde guerre mondiale
Carte postale ancienne
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L’œuvre (ill. 1), peinte par Jean-François Garneray, représente la place de l’Étape à Orléans, qui se trouve tout près du musée, entre l’actuelle mairie et l’hôtel Groslot qui abritait anciennement l’Hôtel de Ville et appartient toujours aujourd’hui à la municipalité. À l’arrière-plan s’élève la cathédrale Sainte-Croix. Une carte postale d’avant la Seconde guerre mondiale (ill. 2) prise à peu près du même point de vue montre que l’aspect de la rue n’avait pas vraiment changé, à une importante exception près : l’Hôtel-Dieu, situé devant la cathédrale ayant été démoli pour faire place au parvis1. Aujourd’hui (ill. 3), on voit toujours la façade du théâtre, mais celui-ci n’existe plus, détruit vers 19822. Néanmoins, l’aspect général a pu être conservé, si ce n’est la maison qui se trouvait à gauche du théâtre et qui n’a pas été reconstruite, la mairie s’y étant substituée, mais en retrait de la rue. À droite de la façade subsistante du théâtre se trouve aujourd’hui le musée.


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3. Place de l’Étape à Orléans de nos jours
Photo : Google Street
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4. John Mallord William Turner (1775-1851)
Place de l’Étape à Orléans, vers 1826-1828
Aquarelle et gouache - 12,8 x 18,7 cm
Londres, Tate Britain
Photo : Tate Britain/CC BY-NC-ND (3.0 Unported)
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Ce tableau n’est pas seulement intéressant d’un point de vue topographique et historique, il l’est également sur le plan artistique. Il faut d’ailleurs préciser que son auteur n’est pas Hippolyte-Jean-Baptiste Garneray, nom sous lequel il a été vendu, mais Jean-François Garneray, son père, qui exposa au Salon entre 1791 et 1835. Celui-ci était élève de David et fut essentiellement portraitiste et peintre de paysages urbains et de monuments. Le tableau acquis par Orléans est probablement celui qui fut présenté au Salon de 1819 sous le titre Place de l’Étape à Orléans. La date correspond parfaitement au style troubadour de cette œuvre, très minutieusement peinte, qui évoque d’ailleurs aussi celles de certains artistes néerlandais du Siècle d’or tel que Gerrit Bertkheyde ou Jan van der Heyden.
On remarquera que J. W. Turner réalisa, quelques années plus tard, des aquarelles représentant la place de l’Étape, selon le même point de vue (ill. 4).


Didier Rykner, jeudi 30 mars 2017


Notes

1Modification apportée le 1/4/17 : dans notre première version, nous parlions de maisons. Comme nous l’a fait remarquer justement le lecteur orléanais Jean-François Gautreau : « les "maisons" situées devant la cathédrale et qui ont été détruites, sont en réalité un monument historique très important, l’Hôtel-Dieu, daté de 1513. Sa totale destruction en 1845, sous prétexte qu’il était en mauvais état, a été l’objet d’un scandale. Charles Pensée l’a représenté dans une superbe aquarelle ».

2Là encore, Jean-François Gautreau nous précise que, contrairement à ce que nous avions écrit, le théâtre n’a pas été détruit sous les bombes allemandes, mais bien au moment de la construction du Musée des Beaux-Arts. Hélas, La Tribune de l’Art n’existait pas encore pour s’opposer à ce vandalisme.





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