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Des Sèvres pour Fontainebleau


11/9/17 - Mécénat et acquisitions - Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier - Il est encore possible de sauver l’empereur Auguste et l’impératrice Marie-Louise en participant à la souscription lancée par le château de Fontainebleau il y a un an déjà (voir la brève du 30/8/16 que nous laissons exceptionnellement en accès libre)... En effet, le Musée Napoléon Ier souhaite toujours acquérir plusieurs pièces issues de la prestigieuse collection de Richard Baron Cohen. Parmi les milliers de porcelaines du XIXe siècle que celui-ci a accumulées et qu’il veut désormais vendre, les conservateurs avaient sélectionné des porcelaines de Sèvres du Premier Empire. Ils les avaient réparties en sept lots estimés au total trois millions d’euros, et les avaient présentées à la galerie Aveline, en partenariat avec Camille Leprince. Rappelons que leur classement « d’intérêt patrimonial majeur » entraîne 66% de déduction fiscale pour un particulier et 90 % pour une entreprise.


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1. Manufacture impériale de Sèvres
Vase fuseau orné du portrait en camée d’Auguste,
peint par Jean-Marie Degault, 1811-1814.
Porcelaine, bronze doré - H. 55 cm
Collection particulière
Photo : DR
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2. Manufacture impériale de Sèvres
Vase fuseau orné du portrait de Marie-Louise,
peint par Abraham Constantin, 1811-1813.
Porcelaine, bronze doré - H. 56 cm
Collection particulière
Photo : DR
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L’opération, qui a débuté en septembre 2016, a permis jusque là d’acheter quatre lots pour un total de 1,1 millions d’euros. L’État a participé à hauteur de 500 000 euros tandis que les mécènes ont apporté 600 000 euros. Ces acquisitions seront présentées au musée à partir du mois de février 2018. En attendant, certaines pièces attendent toujours des bienfaiteurs : un vase fuseau orné d’un portrait en camée d’Auguste (ill. 1), peint par Jean-Marie Degault (350 000 euros) mériterait d’autant plus de rejoindre les collections publiques que son pendant, doté du profil de Jules César, a été acheté par le château avec l’aide du Fonds du patrimoine et de la Société des Amis du château.
Un autre vase fuseau reste à vendre pour 450 000 euros : il arbore le portrait de Marie-Louise non pas en impératrice mais en dame du monde, peint par Abraham Constantin d’après un portrait de François Gérard (ill. 2).
Parmi les porcelaines que le musée souhaiterait encore acheter, le lot le plus cher est le cabaret égyptien (ill. 3) décoré de vues tirées de l’ouvrage de Vivant Denon Voyage dans la Basse et Haute Egypte (900 000 euros). Enfin, restent les éléments du service « vert d’Italie » du prince Borghèse (400 000 euros).


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3. Manufacture impériale de Sèvres :
Déjeuner égyptien offert par Marie-Louise
à la duchesse de Montebello, 1810-1812
Collection particulière
Photo : DR
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Le musée a pu acquérir quatre lots. Tout d’abord le cabaret des princesses (500 000 euros) fut offert en 1813 par l’impératrice Marie-Louise à Letizia Bonaparte (ill. 4). Il décline des portraits miniatures de la famille impériale : Napoléon et Marie-Louise apparaissent sur la théière, le sucrier est réservé au roi de Rome et à sa marraine Caroline, reine de Naples ; Elisa, la grande duchesse de Toscane est préposée au pot à lait et les princesses de la famille se déploient sur les tasses : Hortense, Pauline, Catherine de Wurtemberg.


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4. Manufacture impériale de Sèvres
Cabaret orné des portraits des princesses de la famille impériale,
peints par Marie-Victoire Jaquotot et Pierre-André Le Guay, 1812
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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5. Manufacture impériale de Sèvres
Coupe hémisphérique et sa soucoupe,
côté peint par Swebach
d’une course de chevaux au Champ-de-Mars, 1811
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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Deux porcelaines permettent d’évoquer les étrennes de l’impératrice données aux dames de sa suite et figureront dans la section consacrée à Marie-Louise (110 000 euros les deux). Elle s’offrit elle-même en cadeau à la duchesse de Montebello, avec un très belle tasse ornée de son portrait en costume d’apparat. La comtesse de Montalivet reçut quant à elle une coupe ornée de courses de chevaux au Champ de Mars peinte par Swebach (ill. 5).


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6. Manufacture impériale de Sèvres
Assiette du Service Olympique,
peinte de Vénus et Adonis par Jean Georget, vers 1806.
Porcelaine - D. 23,5 cm
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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7. Manufacture impériale de Sèvres
Assiette du service Marli rouge, papillon et fleurs
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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8. Manufacture impériale de Sèvres
Assiette du service Marli d’or
Vue de Boppard sur les bords du Rhin
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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9. Manufacture impériale de Sèvres
Assiette du service Marli d’or
L’Éducation
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : Musée Napoléon Ier
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Les porcelaines de Sèvres pouvaient être des cadeaux que l’empereur et l’impératrice faisaient à leurs proches, mais aussi des présents diplomatiques ; ils participaient en outre au « faste de la table impériale » qui fera l’objet d’une section thématique dans le parcours d’exposition. Un lot de huit assiettes provenant de différents services (ill. 6 à 9) permet d’illustrer ces différentes fonctions (acquis pour 240 000 euros).
Le service Olympique fut utilisé au Palais des Tuileries pour le mariage de Jérôme Bonaparte avec Catherine de Wurtemberg en 1807. Il fut ensuite offert au tsar Alexandre Ier de Russie. Deux assiettes ont rejoint les collections ; peintes par Jean Georget, elles illustrent l’une Mercure et Psyché, l’autre Vénus blessée à la chasse portée par Adonis.
Deux assiettes du service « marli rouge, papillon et fleurs » viennent compléter les sept autres pièces que possède déjà le musée et qui furent utilisées à la table impériale à partir de 1809 au château de Fontainebleau.
Quatre assiettes servaient de cadeaux. Deux d’entre elles montrent des vues topographiques liées à la domination napoléonienne en terre germanique : la Vue de Boppard sur les bords du Rhin, et une Cascade dans le parc de Napolonshöhe. Elles seront exposées dans la salle consacrée à « Napoléon épicentre de son pouvoir », et plus précisément dans la section sur « l’emprise territoriale du Grand Empire ». Les deux dernières assiettes du lot illustrent respectivement le Sacrifice à Esculape et l’Éducation.

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10. Manufacture impériale de Sèvres
Assiette du service de la Bouche des Tuileries, 1809.
Porcelaine dure - D. 23,5 cm.
Fontainebleau, Château, Musée Napoléon Ier
Photo : galerie « Royal Provenance »
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Terminons par un don, fait par Maxime Charron de la galerie Royal Provenance à l’occasion de cette souscription, issue du service de la Bouche des Tuileries. Celui-ci était orné d’une frise dite « capraire », du nom des feuilles originaires d’Amérique du Sud que les chèvres aiment particulièrement, ce qui explique leur nom (capra : chèvre en latin). Deux services ornés de cette frise furent livrés en 1811 : un service d’entrée composé de vingt-quatre assiettes à potage, appelé service « des Princes », puis dans un second temps un service de dessert, de soixante-douze assiettes plates, Le luxe de la table suivait bien évidemment la hiérarchie de cour : on distingue ainsi le service de l’Empereur, le service du Grand maréchal et le service des Princes ou de la Bouche.

Pour conclure, signalons en octobre prochain, la publication aux éditions Monza, en collaboration avec le Château de Fontainebleau de l’ouvrage de Christophe Beyeler : Napoléon. L’art en majesté. Les collections du musée Napoléon Ier au château de Fontainebleau.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 11 septembre 2017





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