Cadenas sur les ponts : un début de solution ?


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1. Panneau tagué sur le Pont des Arts
19 septembre 2014
Photo : Didier Rykner

19/9/14 - Patrimoine - Paris, Pont des Arts - Sauf erreur, La Tribune de l’Art a été le premier journal, dans un article du 20 janvier dernier, à dénoncer l’infâme « tradition » (très récente, en réalité) des cadenas installés sur les ponts parisiens, notamment sur celui des Arts1. Depuis, notamment grâce à la pétition lancée par deux américaines vivant à Paris, la question est devenue récurrente dans les médias. S’est ajouté à cette effervescence une dégradation toujours plus importante des ponts, celui des Arts étant désormais en partie recouvert de contreplaqués, tagués (ill. 1), vandalisé (un des réverbère a été décapité), plus ou moins squatté par des vendeurs à la sauvette… bref, une situation honteuse pour un des plus beaux endroits de Paris (ill. 2) classé par ailleurs au patrimoine mondial de l’humanité.

Après de longs atermoiements, et la mise en place de « solutions » ridicules et surtout inutiles (ill. 3) comme l’ouverture d’un site permettant de poster des selfies pour remplacer les cadenas et l’apposition d’autocollants invitant à ne plus les poser sur le pont (autocollants aussitôt enlevés, il n’y en a plus désormais), la Mairie de Paris, vient, enfin, de tester une solution qui pourrait être satisfaisante si elle était accompagnée d’une véritable politique préventive et répressive qu’il faudra de toute façon mener.


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2. Vue sur l’Institut prise du Pont des Arts
19 septembre 2014
Photo : Didier Rykner
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3. Couple posant un cadenas sur le Pont des Arts
19 septembre 2014
Photo : Didier Rykner

Il s’agit de remplacer les grilles (qui n’ont d’ailleurs rien d’historique) par des panneaux vitrés actuellement testés sur deux emplacements (ill. 5), trois dans quelques jours2. Incontestablement, cet essai est très satisfaisant visuellement, le matériau étant effectivement transparent et d’une couleur neutre. On peut craindre cependant – on le saura très vite – que ces panneaux soient rapidement détériorés, par des tags, par des autocollants, ou par des rayures. Il est évident en effet que la prolifération des cadenas a entraîné des habitudes de vandalisme qui ne seront pas faciles à éliminer.


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5. Panneaux vitrés transparents remplaçant les grilles
Test mené par la Mairie de Paris
19 septembre 2014
Photo : Didier Rykner
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6. Parapets portant les panneaux transparents mais
restant vandalisés
19 septembre 2014
Photo : Didier Rykner

Il n’est donc pas certain que cette solution soit viable à long terme sans qu’elle soit doublée d’une surveillance accrue entraînant des sanctions pour les vandales. On peut donc, pour une fois, féliciter la Mairie de Paris d’aller dans le bon sens (d’autant que Bruno Julliard, dans son communiqué, affirme maintenant clairement qu’il ne s’agit pas seulement d’un problème de sécurité mais bien de « dégradation durable du patrimoine ») mais on voit mal, actuellement, comment elle aura la volonté d’aller au bout de cette logique forcément répressive. Il faudra aussi, quoi qu’il en soit, que les dégradations nombreuses subies par le pont (notamment les tags et les inscriptions placés sur les parapets - ill. 6) soient supprimés, et, pendant qu’on y est, enlever les affreuses poubelles en plastique. On attend la suite avec impatience.


Didier Rykner, vendredi 19 septembre 2014


Notes

1Sont gravement touchés également le pont de l’Archevêché, la passerelle de Solférino et la passerelle Léopold-Sedar-Senghor.

2Notons également que les grilles des parapets ne donnant pas sur le vide ont été simplement et logiquement enlevés.





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