Bronzes français de la Renaissance au Siècle des Lumières Contenu abonnés


Paris, Musée du Louvre, du 22 octobre 2008 au 19 janvier 2009.
New York, The Metropolitan Museum of Art, du 23 février au 24 mai 2009.
Los Angeles, J. Paul Getty Museum, du 30 juin au 27 septembre 2009.

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1. Jean Rancy (actif de 1529 à 1568)
Dame Tholose, 1544
Bronze - H. 143 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : D. Rykner
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Comme l’exposition, par nature éphémère, le catalogue qui accompagne cette rétrospective dédiée aux bronzes français du XVIe au XVIIIe siècle mérite tous les éloges. Il est le résultat d’une enquête de plusieurs années qui a permis d’étudier en détail de très nombreuses œuvres dans les musées européens et américains. Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage collectif, les textes sont très homogènes et complémentaires, résultat d’un soigneux travail d’édition. Riche de nombreux essais, il propose pour chaque objet exposé des notices extrêmement complètes. Il est dommage cependant que seuls quelques artistes fassent l’objet d’une biographie détaillée. On aurait aimé en savoir davantage sur certains sculpteurs très peu connus comme Jean Rancy (ill. 1), ou David et Antoine de Chaligny. L’illustration est extrêmement abondante, chaque sculpture étant reproduite sous plusieurs angles.
Tous les points sont abordés, sans négliger l’aspect technique, si important pour un art qui est aussi une industrie : composition des bronzes et participation respective des sculpteurs, des fondeurs-fondants c’est à dire de ceux qui coulent le métal dans le moule, et des fondeurs-ciseleurs qui peaufinent les reliefs après que le bronze a refroidi.

Le bronze est en effet un travail de collaboration. Les cas où l’auteur de l’œuvre est également fondeur sont assez rares : Barthélemy Prieur, Corneille van Clève ou Antoine Coysevox font partie de ces artistes complets. Mais même eux se font assister dans l’opération de fonte qui ne peut être réalisée seul. Dans deux ou trois cas d’ailleurs, cette distinction n’est pas claire : ainsi le mascaron d’une porte de l’Hôtel de Ville donné à Henri Perlan (cat. 54) ne peut, en toute rigueur, être attribué à ce fondeur qui s’est contenté de réaliser ce qui a été conçu par un sculpteur encore anonyme. Les problèmes sont d’autant plus complexes que si un fondeur travaillait pour plusieurs sculpteurs, un sculpteur pouvait également employer différents fondeurs.

Parler de bronze est un léger abus de langage. Au sens propre, il s’agit d’un alliage de cuivre et d’étain, alors que les bronzes français sont souvent constitués de laiton, mélange de cuivre et de zinc, ou même d’alliages quaternaires ajoutant au cuivre, du plomb, du zinc, et de l’étain, ce dernier composant parfois en quantité réduite. On utilisera, comme le font tous les historiens depuis longtemps, le terme « bronze » dans un sens générique. Si la plupart de ceux exposés ici ont fait l’objet d’une analyse chimique, il faut se méfier de l’interprétation des résultats, souvent encore insuffisants pour en tirer des conclusions certaines : une composition proche n’assure pas forcément qu’il s’agisse de productions provenant d’un même atelier, pas plus que des différences importantes n’impliquent qu’il soit question de deux sculpteurs…

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