Fragile Murano. Chefs-d’œuvre de verre de la Renaissance au XXIe siècle Contenu abonnés


Paris, Musée Maillol, du 27 mars au 28 juillet 2013

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1. Javier Pérez
Carrona, 2011
Verre et corbeaux naturalisés - 120 x 235 x 300 cm
Berengo Studio and Venice Projects
Photo : Francesco Allegretto
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Le repentir est impossible. Le travail du verre exige un geste sûr et un savoir-faire technique plutôt qu’une inspiration volatile ; il demande à la fois de maîtriser le feu et d’accepter ses caprices une fois la pièce enfournée
Murano est à Maillol le temps d’une exposition qui retrace sept siècles d’histoire du verre vénitien, grâce à quelque 200 œuvres déployées chronologiquement du XVe siècle à nos jours. Et si les créations contemporaines qui concluent la visite (ou la commencent, puisqu’elles se trouvent au rez-de-chaussée) sont monumentales et théâtrales (ill. 1), elles ne doivent pas éclipser les réalisations anciennes, plus discrètes, qui sont pourtant de petits bijoux de virtuosité.
L’épopée verrière remonte à 982, date du premier texte important que l’on conserve mentionnant le nom d’un fabricant de fiola (bouteille). C’est au XIIIe siècle que les verriers furent isolés - au sens étymologique du terme - à Murano, afin d’éviter les risques d’incendies dans Venise, mais aussi de préserver les secrets de leur art. Il faut attendre le XVe siècle pour que les verreries vénitiennes s’imposent vraiment sur la scène internationale, lorsque la production des pays islamiques fut moins dominante.
Le catalogue de l’exposition analyse la variété des formes créées à Murano, qui puisent aussi bien dans le répertoire gothique que dans la porcelaine chinoise et l’art islamique ; il détaille en outre les différentes techniques et leur évolution. Chaque œuvre est accompagnée d’une notice détaillée, dans laquelle sont évoquées d’autres pièces non exposées, ainsi que des peintures de maîtres plus ou moins célèbres qui introduisirent ces objets raffinés dans leurs compositions. On peut en revanche regretter que les notices ne se trouvent pas au côté des images et qu’elles ne soient pas toujours présentées dans l’ordre.


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2. Coupe nuptiale avec figure féminine et joueur de luth
Venise, 1500-1510
Verre lattimo - H. 12 cm
Prague, National Museum
Photo : National Museum, Prague
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3. Calice Le Triomphe de la Justice
Venise, fin du XVe siècle
Verre émaillé - H. 22 cm, D. 13,5 cm
Florence, Museo Nazionale del Bargello
Photo : Concessione del Ministero per i Beni e le Attività Culturali
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Le verre de Murano connaît une première Renaissance entre 1450 et 1530, incarnée par Angelo Barovier (1405-1460) à qui l’on attribue plusieurs inventions, notamment ce qu’on appelle le « cristal » vénitien, verre incolore et pur. Il conçut également le lattimo, blanc et opaque qui avait l’avantage d’imiter la porcelaine (ill. 2), ainsi que le verre dit « calcédoine » pour sa ressemblance avec la pierre dure. Les émaux réapparaissent dans les années 1450 et avec eux le verre émaillé, fruit d’une collaboration entre les verriers et les peintres…

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