Veronese Magnificence in Renaissance Venice Contenu abonnés


Londres, The National Gallery, du 19 mars au 15 juin 2014.

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1. Paolo Caliari dit Véronèse (1528-1588)
La Tentation de saint Antoine
Huile sur toile
Caen, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Caen

Dans le sillage de ses expositions monographiques dédiées aux grands noms, la National Gallery organise la première rétrospective Véronèse au Royaume-Uni, à partir de son propre fonds constitué de dix tableaux du maître1, en association avec Vérone qui montera cet été sa propre exposition2. Si l’on ne saurait minorer la nouveauté de la manifestation, ni d’ailleurs son réel intérêt critique, il faut rappeler que Paolo Caliari dit Véronèse (1528-1588) compte parmi les artistes de la Renaissance italienne les plus étudiés ces dernières années. Depuis les célébrations liées au quatrième centenaire de sa disparition en 19883, le peintre vénitien a bénéficié de nombreuses études exhaustives ou partielles4, ainsi que de plusieurs expositions en Europe et aux Etats-Unis5. Ses œuvres emblématiques ont profité de restaurations fondamentales, à commencer par les fameuses Noces de Cana du Louvre et Le Repas chez Simon de Versailles, et depuis 2007 avec le décor de l’église vénitienne San Sebastiano presque intégralement peint par Véronèse6. L’exposition londonienne comprend d’ailleurs des tableaux publiés et/ou exposés à plusieurs reprises récemment, et se concentre uniquement sur la production picturale de l’artiste. Elle élude de ce fait presque totalement la question des dessins et le rôle de l’atelier, deux points cruciaux dans la compréhension du travail de Véronèse, néanmoins évoqués dans le catalogue. Cette publication, superbement illustrée, rassemble une série d’essais, mêlant œuvres de l’exposition et de comparaison (en rejetant toutes les notices à la fin de l’ouvrage, non détaillées mais pourvues d’un rigoureux historique et d’une bibliographie conséquente), avec une insistance bienvenue sur les conditions culturelles et matérielles de l’activité de Véronèse. Cette érudition impeccable n’empêche pas quelques regrets, en particulier sur la datation stylistique de plusieurs tableaux à la chronologie encore discutée7.

Ces réserves faites, il faut admirer la rigueur du travail scientifique et l’intelligence pédagogique de l’accrochage au service de l’un des plus beaux peintres vénitiens du XVIe siècle et donc de l’art européen, orchestré avec brio par le commissaire et auteur du catalogue, Xavier F. Salomon, directeur de la Frick Collection depuis l’automne 2013, jeune et brillant spécialiste de Véronèse depuis déjà plusieurs années8. Il est bien entendu impossible de présenter de façon exhaustive la création du maître, dans la mesure où ses fresques des villas Vénètes et ses grands repas christiques, pourtant emblématiques, ne sauraient être déplacés. Plusieurs imposants retables sont toutefois montrés, en particulier le gigantesque Martyre de saint Georges qui ne quitte pas habituellement San Giorgio a Braida. La sélection repose uniquement sur des œuvres autographes, à travers les trois…

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