Une souscription lancée par Vizille pour la République de Wicar


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Jean-Baptiste Wicar (1762-1834)
La République française, 1793
Huile sur toile
Photo : Vizille, Musée de la
Révolution française

19/5/16 - Souscriptions - Vizille, Musée de la Révolution - Les souscriptions se mutiplient : comme nous avons déjà eu l’occasion de l’écrire, de plus en plus de musées français utilisent ce moyen pour trouver une partie des fonds nécessaires à l’acquisition ou à la restauration d’une œuvre. C’est le cas du Musée de la Révolution à Vizille, qui souhaite acheter une esquisse de Jean-Baptise Wicar. Il s’agit de l’une des premières représentations de la République ou plus précisément de son incarnation. La peinture, récemment réapparue sur le marché italien, vaut 90 000 euros ; son financement sera réparti en trois parts égales : 30 000 euros devraient être apportés par le Département, 30 000 par l’État et la Région ; restent 30 000 euros à demander au public, qui peu participer à cet achat - contre déduction fiscale - par le biais notamment de la plateforme Culture Time ; une première étape vise les 15 000 euros. La campagne qui a débuté le 28 avril s’achèvera le 28 juin prochain.

Le 21 septembre 1792, la Convention abolit la monarchie, puis décréta que les actes publics seraient datés de l’an I de la République française. Première République pour laquelle il fallut trouver un emblème. C’est l’abbé Grégoire qui définit l’iconographie du nouveau sceau de l’État : une femme, assimilée à la Liberté, vêtue à l’antique - en référence à la République romaine -, tient une pique surmontée d’un bonnet phrygien ou bonnet de la Liberté. Elle est par ailleurs dotée d’un faisceau d’armes, symbole d’unité.
Les artistes diffusèrent cette image. En Italie, notamment, il fallut fournir aux légations françaises des écussons portant ce nouvel emblème. Antoine-Jean Gros en livra un à Gênes en 1794, dont le musée de Versailles conserve l’esquisse ou la réplique. Jean-Baptiste Wicar - qui ne fut pas seulement le collectionneur et donateur fameux du musée de Lille, mais aussi un peintre et surtout un dessinateur de talent - conçut celui de Florence et c’est l’esquisse de cet écusson, mis en place le 19 avril 1793 et aujourd’hui détruit, qu’il s’agit d’acquérir. Elle a reparu sur le marché italien en 2015.

D’autres souscriptions sont destinées à restaurer des œuvres. Celle du Musée de Besançon pour un portrait de jeune homme de l’école florentine du XVe siècle a si bien réussi qu’il propose au public de continuer à participer pour restaurer une Tête de vieillard par Giovanni Savoldo.
Le Musée Villa Montebello de Trouville souhaite quant à lui restaurer quatre peintures de sa collection. Deux œuvres de Charles-Louis Mozin, un Village de pêcheur par Eugène Isabey, et une quatrième tableau qui sera dévoilé si les fonds nécessaires sont collectés. Il est encore temps de participer à la campagne, notamment par le biais de l’internet.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, jeudi 19 mai 2016





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