Une renaissance : l’art entre Flandre et Champagne, 1150-1250 Contenu abonnés


Paris, Musée de Cluny, du 17 avril au 15 juillet 2013
Saint-Omer, Musée de l’hôtel Sandelin, du 5 avril au 30 juin

JPEG - 82.9 ko
1. Pied de croix de Saint-Bertin
Atelier mosan, vers 1180
Cuivre doré, fondu, ciselé, gravé,
émaux champlevés - 31,5 x 29,5 cm
Saint-Omer, Musée de l’Hôtel Sandelin
Photo : Musée de Saint-Omer/B. Jagerschmidt
Voir l'image dans sa page

Pour une fois, une exposition parisienne encourage ses visiteurs à dépasser le périphérique pour aller découvrir sur place ce dont elle parle. Le Musée de Cluny réunit une centaine d’œuvres de « style 1200 » ; il s’est associé pour l’occasion au Musée de l’hôtel Sandelin2, à Saint-Omer, qui en expose de son côté une cinquantaine, la ville ayant été l’un des centres où s’épanouit cet art, notamment au cœur de l’abbaye de Saint-Bertin, commanditaire mais aussi productrice de manuscrits et d’objets d’orfèvrerie éblouissants. Le visiteur parisien, s’il veut voir toute l’exposition, devra donc se rendre en Artois. Un regret toutefois : le Musée de Cluny avait-il besoin d’emprunter à l’hôtel Sandelin deux de ses chefs-d’œuvre - le pied de Croix de Saint-Bertin (ill. 1) et la Croix reliquaire de Clairmarais - pour les montrer dans la capitale ?
Le catalogue commun présente les œuvres avec des notices détaillées, tandis que les essais expliquent clairement les contextes politique, économique, religieux, et détaillent les échanges artistiques entre les différentes régions.

L’époque abordée est à cheval entre deux siècles, l’espace géographique étudié est politiquement divisé, comprenant essentiellement la Champagne, la Picardie, l’Artois, la Flandre et la région mosane (la tradition réduit cette dernière au diocèse de Liège, elle s’étend en réalité de Maastricht à Verdun). Pourtant, un style nouveau, autonome et cohérent s’y développa, ni roman ni gothique, marqué par l’Antiquité et Byzance, par le naturalisme et l’humanisme. Les deux volets de l’exposition suivent un même parcours chronologique qui s’ouvre sur les prémices de cet art oscillant entre stylisation et naturalisme autour de 1150-1170, puis montre son affirmation dans les années 1170 et 1180, au cours desquelles le naturalisme s’imposa, enfin entre 1180 et 1230, il s’épanouit, s’internationalisa et se vit diffusé de l’Angleterre à l’Empire, avant son exacerbation et son affaiblissement en 1230-1250.

JPEG - 138.8 ko
2. Plaque de reliure : Les Fleuves du Paradis
Meuse, milieu du XIIe siècle
Cuivre ajouré, ciselé, doré, gravé - 22,5 x 15 cm
Pari, Musée de Cluny-
Musée national du Moyen-Âge
Photo : RMNGP/F.Raux
Voir l'image dans sa page

Nicolas Reveyron parle de polychronie, notion empruntée au droit international qui « décrit un phénomène de coexistence, dans un temps et un lieu donnés, de réalités culturelles appartenant à des traditions d’âges, de durées et de natures différentes »3. Les formes se libèrent, les drapés se font plus souples, les poses plus naturelles, les figures moins contraintes par le cadre. Cet art en tension avec la stylisation de l’art roman est bien une renaissance, portant un nouvel intérêt aux modèles antiques : sur une plaque de reliure, les…

Pour avoir accès à ce contenu, vous devez vous abonner à La Tribune de l’Art. Les avantages et les conditions de cet abonnement, qui vous permettra par ailleurs de soutenir La Tribune de l’Art, sont décrits sur la page d’abonnement.

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous à l’aide de ce formulaire :





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Expositions : De Véronèse à Casanova. Parcours italien dans les collections de Bretagne

Article suivant dans Expositions : Le roi et l’artiste. François Ier et Rosso Fiorentino