Une Allégorie de Charles Landelle acquise par Blois


14/11/16 - Acquisition - Blois, Musée des Beaux-Arts - La Renaissance est chez elle à Blois. La Renaissance réinterprétée par le XIXe siècle l’est tout autant. L’acquisition par le Musée des Beaux-Arts, qui se trouve dans le château de Blois, d’une Allégorie de la Renaissance par Charles Landelle (ill. 1) est donc parfaitement logique. Cette esquisse, achetée à la galerie L’Horizon Chimérique de Bordeaux, est préparatoire à un tableau conservé (mais pas exposé) au Musée de Sens (ill. 2). Une autre toile de même sujet, de dimensions à peu près semblables, a été commandée en 1848 pour une salle du Louvre (la salle des Bijoux), présentée au Salon de 1853, et déposée au château de Fontainebleau depuis 1932 (ill. 3).


JPEG - 85.2 ko
1. Charles Landelle (1821-1908)
La Renaissance
Huile sur toile - 58,5 x 43 cm
Blois, Musée des Beaux-Arts
Photo : Musée des Beaux-Arts de Blois
JPEG - 232.9 ko
2. Charles Landelle (1821-1908)
La Renaissance
Huile sur toile - 250 x 195 cm
Sens, Musée
Photo : Musée de Sens

JPEG - 45.2 ko
3. Charles Landelle (1821-1908)
La Renaissance, 1853
Huile sur toile - 264 x 198 cm
Fontainebleau, Musée national du château
Photo : RMN-GP/G. Blot

Si le canon du personnage féminin représentant la Renaissance est proche, dans les deux cas, du canon des figures maniéristes, si un portrait en tondo de François Ier apparaît dans les deux compositions, on constate des variantes importantes, notamment au niveau de l’iconographie. Le tableau de Fontainebleau, qui semble une version postérieure, est grandement enrichi par l’adjonction de deux putti, cousins de ceux de la Madone Sixtine de Raphaël, et d’une table en marbre, portée par la figure principale, sur laquelle sont gravés les noms de grands artistes de l’époque. Nulle surprise dans ceux que Landelle met à l’honneur : Michel-Ange, Raphaël et Léonard de Vinci viennent en premier. Parmi les douze artistes, tous sont italiens et peintres, à l’exception de quatre français : un architecte (Philibert Delorme), deux sculpteurs (Jean Goujon et Germain Pilon) et un céramiste (Bernard Palissy). La réunion de personnalités célèbres des Arts pour symboliser une période de l’histoire est fréquente au XIXe siècle, soit par la représentation directe des artistes comme par exemple dans l’amphithéâtre des Beaux-Arts de Delaroche ou dans L’Apothéose d’Homère d’Ingres, soit par la liste des noms comme dans le Salon carré du Louvre ou dans ce tableau.
L’absence de ces mentions dans l’esquisse de Blois et dans le tableau définitif de Sens rend plus difficile l’identification de l’allégorie avec la Renaissance. Ce dernier ne porte pas de date. On peut émettre l’hypothèse qu’il a été réalisé en premier et que la commande pour le Louvre de ce même sujet ait incité le peintre a enrichir sa composition pour la rendre plus immédiatement intelligible.

Élève de Paul Delaroche et d’Ary Scheffer, Charles Landelle fut essentiellement peintre religieux et orientaliste, ainsi que portraitiste. Il réalisa également quelques allégories : outre celle de la Renaissance, signalons Le Droit Moderne peint pour la Mairie de Laval dont deux esquisses, l’une d’ensemble, dessinée, l’autre représentant une figure, peinte, sont également conservées à Sens. Les trois œuvres ont été données à ce musée au début du XXe siècle par Casimir Stryienski.


Didier Rykner, lundi 14 novembre 2016





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Une aquarelle de James Tissot acquise par la Tate Britain

Article suivant dans Brèves : Un Vuillard de plus pour Orsay