Une esquisse de Charles Poerson acquise par le Crocker Museum


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Charles Poerson (1609-1667)
Saint Paul à Malte piqué par une vipère, 1653
Huile sur toile - 62,9 x 52,7 cm
Sacramento, Museum of Art
Photo : Galerie Coatalem

7/12/14 - Acquisition - Sacramento, Crocker Art Museum - Ce musée californien peu connu a acquis auprès de la galerie Coatalem à Paris une esquisse de Charles Poerson, très intéressante pour l’histoire de Paris puisqu’elle prépare un May de Notre-Dame aujourd’hui disparu.
On sait que les Mays étaient offerts chaque année par la corporation des orfèvres. Poerson en peignit deux : le premier, La Prédication de saint Pierre à Jérusalem, fut commandé en 1642, à son retour de Rome ; il est toujours accroché dans la cathédrale. Le second, disparu et que prépare cette étude, représente Saint Paul à Malte piqué par une vipère et date de 1653. La composition était déjà connue par une gravure de Nicolas Tardieu exécutée en 1767 avant que l’esquisse acquise par Sacramento ne resurgisse en vente chez Christie’s Londres comme anonyme, du cercle de Michel I Corneille et ne passe sur le marché de l’art parisien. Elle ne figure donc pas dans le catalogue raisonné de l’artiste paru en 1997 chez Arthena mais elle avait été présentée au Musée Carnavalet dans l’exposition Les Couleurs du ciel (voir l’article).

Les Mays représentaient en général des scènes des Actes des Apôtres. Saint Paul, naufragé sur l’île de Malte, fut mordu par une vipère attirée par la chaleur d’un feu que venaient d’allumer ses compagnons. Quand les habitants de l’île virent cela, ils se dirent que Paul était certainement un meurtrier, puisque après avoir été sauvé de la mer il était encore poursuivi par la vengeance divine. Mais le saint se débarrassa du serpent dans le feu et resta indemne, ce qui convainquit les témoins de ce miracle que Paul était un dieu. Si certaines figures, comme le naufragé en bas à droite, rappellent encore l’art de Simon Vouet, on constate que Poerson, dans ses dernières années, s’éloigne du modèle de son maître et privilégie, malgré la violence de la scène, une composition plus classique marquée par l’influence de l’atticisme parisien.


Didier Rykner, dimanche 7 décembre 2014





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