Un portrait de Maes acquis par Minneapolis


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Nicolaes Maes (1634-1693)
Portrait d’un garçon avec
un épagneul et un bouvreuil

Huile sur panneau - 43.3 x 30.5 cm
Minneapolis, Minneapolis Institute of Art
Photo : Lawrence Steigrad Fine Arts
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19/7/17 - Acquisition - Minneapolis, Minneapolis Institute of Art - Élève de Rembrandt à Amsterdam entre 1648 et 1653, Nicolas Maes se détacha progressivement de l’influence de son maître lorsqu’il s’installa à Dordrecht en 1653. Elle est encore palpable dans les scènes d’intérieur qu’il peignit alors, mais disparaît dans ses portraits, un genre auquel il se consacra plus spécifiquement à partir des années 1660 et pour lequel il regarda bien davantage Van Dyck ou même Jan Mytens, optant pour des couleurs vives, des costumes raffinés, des poses élégantes et un cadre naturel. Lorsqu’il revint à Amsterdam en 1673, il devint un portraitiste recherché.

Le Minneapolis Institute of Art a récemment acquis l’une de ses tableaux montrant un jeune garçon entouré d’un épagneul et d’un bouvreuil auprès de la galerie new-yorkaise Lawrence Steigrad. L’enfant est coiffé d’un chapeau à plume et vêtu d’une tunique rose intemporelle, rehaussée de jaune, accompagné d’un drapé rouge. À la vivacité séduisante des couleurs s’ajoute le dynamisme de la pose, mis en valeur par le cadrage serré : sous prétexte de tenir la laisse de l’oiseau ou de se protéger du chien qui s’agite auprès de lui, le modèle présente son coude au spectateur vers lequel il se tourne. Les deux animaux sont probablement une métaphore de l’éducation : l’enfant doit apprivoiser ses penchants naturels.
Le peintre reprend cette attitude dans plusieurs portraits de jeunes garçons : on retrouve le panache, le drapé qui vole, le geste du coude levé, le chien et l’oiseau, dans des compositions au cadrage plus large. L’ajout d’un arc et de flèches suggère qu’il s’agit de portraits mythologiques sous les traits sans doute d’Adonis. Deux tableaux, notamment, sont comparables à celui de Minneapolis : ici, l’enfant est assis dans un bois, là il est debout près d’une fontaine ; un autre le montre sans l’oiseau, dans une mise en page plus resserrée. Maes reprit aussi la mise en page pour des portraits d’adultes comme en témoigne le portrait d’une femme en Diane.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mercredi 19 juillet 2017





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