Un Gustave Moreau pour l’Art Center de Poughkeepsie


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Gustave Moreau ( 1826 - 1898)
Hercule au lac Stymphale, vers 1872
Huile sur panneau - 18 x 29 cm
Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center
Photo : Galerie Jean-François Heim

7/3/16 - Acquisition - Poughkeepsie, The Frances Lehman Loeb Art Center - Les oiseaux du lac Stymphale se nourrissaient de chair humaine. Hercule fut chargé de les tuer : il commença par décocher des flèches, inlassablement, sans venir à bout des milliers de volatiles, puis finit par les effrayer grâce aux crotales de bronze que lui avait donnés Minerve.
Gustave Moreau a représenté plusieurs fois le sujet, notamment sur un petit panneau que vient d’acquérir le Frances Lehman Loeb Art Center et qu’on avait pu voir sur le stand de la Galerie Jean-François Heim à Maastricht en 2009 (voir la brève du 14/3/09). James Mundy, directeur du musée de Poughkeepsie, l’avait d’ailleurs repéré à cette occasion, mais l’oeuvre avait été vendue à un collectionneur privé et n’est repassée que récemment chez Jean-François Heim à qui le musée l’a finalement achetée.

Le Musée Gustave Moreau conserve un dessin directement lié à ce panneau, tandis que le Musée des Beaux-Arts de Dijon détient une aquarelle à la composition très similaire : Hercule se tient à gauche, dans un paysage marécageux, l’arc bandé. Mais les tonalités changent : Moreau choisit pour sa peinture le rose d’un crépuscule, pour suggérer sans doute que le jour passe et que le héros s’épuise. Par ailleurs, si l’aquarelle montre un paysage presque serein, vert et bleu, seulement animé par deux oiseaux qui s’envolent, la peinture est plus sanglante, occupée au premier plan par des corps humains déchiquetés près d’un oiseau blessé.
Une inscription de Moreau au dos du tableau, indique qu’il fit don de cette œuvre pour une vente organisée à l’Hôtel Drouot par des artistes au profit de leur confrère le peintre Auguste Paul Charles Anastasi (1820-1889) devenu aveugle.
Un dessin témoigne des recherches de l’artiste autour de ce thème, hésitant à mettre en scène un affrontement plus direct entre le héros et les oiseaux. C’est d’ailleurs le choix qu’il fait dans une peinture dont le format en hauteur accentue le plongeon menaçant des volatiles vers Hercule acculé contre une paroi rocheuse, dans un milieu escarpé.
Parmi les nombreux élèves de Gustave Moreau, Edgar Maxence traita le sujet dans un tableau acquis par Orsay en 2008.
Le maître illustra d’autres travaux d’Hercule, un thème qui revient régulièrement entre 1853 et 1875 : de l’Hydre de Lerne au Jardin des Hespérides, sans oublier la biche aux pieds d’airain, ni les cinquante filles de Thespius bien qu’elles ne fassent pas vraiment partie des douze travaux du Héros...


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, lundi 7 mars 2016





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