Un autoportrait de la finlandaise Helene Schjerfbeck acquis par Helsinki


JPEG - 94.4 ko
Hélène Schjerfbeck (1862-1946)
Autoportrait, 1912
Huile sur toile - 43,5 x 42 cm
Helsinki, Ateneum, Finnish National Gallery
Photo : Ateneum

22/4/16 - Acquisition - Helsinki, the Ateneum Art Museum, Finnish National Gallery - On se souvient de l’exposition que le Musée d’Art moderne de la ville de Paris lui avait consacrée en 20081. Helene Schjerfbeck, artiste finlandaise, arriva dans la capitale française au début des années 1880 ; elle suivit des cours de peinture réservés aux femmes dans l’atelier dirigé par Madame Trélat de Vigny, puis s’inscrivit à l’Académie Colarossi, qui avait l’avantage d’être mixte. Et puis elle se rendit en Bretagne, à Pont-Aven notamment, où elle séjourna entre 1883 et 1884, peignant alors des compositions libérées de la narration, une Ombre sur un mur ou du Linge à sécher dans l’herbe.
Elle exposa plusieurs fois, au Salon des Champs Elysées en 1882 et en 1884, et gagna une médaille de bronze à l’Exposition Universelle de 1889 pour son tableau La Convalescente. Lorsqu’elle retourna en Finlande en 1890, elle s’isola de plus en plus de la scène artistique et du monde en général, s’installant à la campagne non loin d’Helsinki.
Ses sujets étaient tirés de la vie quotidienne, mais elle peignit aussi des paysages, des natures mortes, des portraits et une série d’autoportraits fascinants, sans concession, qui montrent le vieillissement progressif de son visage, mais aussi l’évolution de son style. D’abord naturaliste, sa peinture s’épure, se dépouille, se rapproche du synthétisme, puis de l’expressionnisme.

C’est un de ces autoportrait que vient d’acheter l’Ateneum. Ce musée d’Helsinki possède l’un des ensembles les plus importants d’œuvres de Schjerfbeck, complété par des dépôts de collections privées. Le tableau, qu’on avait pu admirer dans l’exposition de 2008, date de 1912 ; l’artiste a donc cinquante ans. La mise en page est vivante malgré la tristesse de son expression, le modèle, présenté de buste et de côté, se tourne vers le spectateur. Le peintre définit sa composition par des plages de couleurs vives, le visage à peine modelé est animé par le rose de ses joues, un œil plus pâle que l’autre dont le bleu déborde, tandis que son corps est réduit à la grande tache bleu marine de son pull qui ressort contraste avec l’orangé du fond, indéterminé, également nuancé de taches beige et grise. Dans les autoportraits suivants, elle accentue l’ossature de son visage, de plus en plus anguleux, qui finit par se tordre, les yeux se creusent, cernés, son expression devient sévère et dure.
Ce tableau a été acheté à un collectionneur privé, avec la participation financière du Yrjö and Nanny Kaunisto Fund. Les Kaunisto possédaient d’ailleurs une collection, notamment d’œuvres de Schjerfbeck qu’ils ont léguées au musée en 2004, parmi lesquelles un autoportrait de 1945, moins d’un an avant sa mort.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 22 avril 2016


Notes

1« Helene Schjerfbeck (1862-1946) », du 20 octobre 2007 au 13 janvier 2008, Paris, Musée d’Art moderne de la Ville.





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Deux tableaux du XVIIe siècle hollandais entrent à la National Gallery de Washington

Article suivant dans Brèves : Pendant quelques jours, le Musée Girodet s’expose à l’Institut