Deux tableaux du XVIIe siècle hollandais entrent à la National Gallery de Washington


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1. Frans van Mieris (1635-1681)
Intérieur avec soldat fumant une pipe, vers 1657
Huile sur panneau - 32,4 x 25, 4 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Washington, National Gallery of Art

22/4/16 - Acquisition - Washington, National Gallery of Art - Parmi les œuvres entrées récemment dans les collections de la National Gallery de Washington se trouvent deux tableaux de l’âge d’or hollandais.

Le premier, acheté à un collectionneur angalis par l’intermédiaire de la galerie londonienne Johnny van Haeften, est de Frans van Mieris, digne représentant de la « peinture fine » de l’école de Leyde, dans le sillage de son maître Gérard Dou. Réalisé vers 1657, il représente un soldat dans un intérieur (ill. 1). Le personnage affiche une nonchalance un brin gouailleuse ; accoudé à la table, il regarde le spectateur, une main sur la hanche, l’autre tient sa pipe. Un manteau de velours bordé d’or et une épée sont jetés sur la chaise vide qui semble attendre le spectateur, tout comme le jeu de cartes et une seconde pipe posés sur la table, près d’un verre de bière. Par terre, près du soldat, traînent le plastron d’une armure, une trompette ou du moins un instrument à vent et un drapeau ou une bannière. Une illustration des costumes militaires de l’époque permet d’identifier les différents attributs amoncelés sur le sol.
L’artiste est alors au début de sa carrière et l’influence de Dou y est sensible. En outre, on retrouve dans plusieurs œuvres de Frans van Mieris, du moins celles des années 1650, une composition similaire à celle-ci : un, deux ou trois personnages se tiennent dans un intérieur, une fenêtre à gauche laisse passer la lumière qui vient souligner les diverses matières soigneusement décrites par le peintre ; souvent, une nature morte occupe le premier plan tandis que de multiples objets éparpillés dans la pièce et soigneusement détaillés donnant une impressions de désordre et de vie. C’est le cas, par exemple, du Connaisseur dans l’atelier de l’artiste ou de la Scène domestique dans une ferme.
La peinture de Washington a une provenance prestigieuse puisqu’elle a a appartenu à l’électeur de Saxe, Frédéric Auguste dit le Fort (1670-1733), puis à ses descendants. Elle entra finalement dans la future Gemäldegalerie qui la céda en 1927 à la Galerie van Diemen. Elle passa ensuite dans plusieurs collections privées avant d’être achetée par la National Gallery1 où elle retrouve une œuvre de jeunesse du peintre, intitulée Le Bénédicité.


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2. Anonyme hollandais du XVIIe siècle
Trompe l’Oeil avec estampe de Ferdinand Bol, vers 1675
Huile sur panneau - 38 x 32 cm
National Gallery of Art, Washington
Photo : National Gallery of Art, Washington

L’autre tableau, acheté à la galerie Nissl AG, Eschen au Liechtenstein, est un trompe-l’œil réalisé par un artiste anonyme du XVIIe siècle hollandais (ill. 2). Il se trouvait dans une collection du Liechtenstein et était alors présenté comme une œuvre du cercle de Sebastian Stosskopf, une hypothèse que ne semble pas retenir le musée de Washington2. Le peintre, en tout cas, donne l’illusion d’une gravure de Ferdinand Bol (vers 1675) accrochée par un cachet en cire sur une planche de bois, dont les rainures et les nœuds sont soigneusement rendus. Les pliures du papier froissé, l’ombre de la feuille sur la planche, la description des différentes matières sont tout aussi confondantes.
Le tableau séduit par la simplicité de la mise en page, qu’on retrouve par exemple chez Evert Collier. Souvent, les peintres de trompe-l’œil aiment multiplier les détails, c’est le cas de Cornelis Norbertus Gysbrechts ou de Samuel van Hoogstraten.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 22 avril 2016


Notes

1Acquis avec l’aide de The Lee and Juliet Folger Fund/The Folger Fund.

2Achat grâce au fonds donné en honneur de Derald Ruttenberg’s Grandchildren.





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