Un achat et un don viennent enrichir les musées de Strasbourg


28/4/17 - Acquisitions - Strasbourg, Musée de l’Œuvre Notre-Dame et Musée des Beaux-Arts - Une tête décapitée, découverte lors de la préparation d’une exposition sur le gothique en 2015 (voir l’article), vient d’être acquise par le Musée de l’Œuvre Notre-Dame à Strasbourg (ill. 1). Elle rejoint dans les collections cinq autres chefs, tristes vestiges des douze apôtres qui encadraient l’un des portails de la cathédrale de Strasbourg, celui du bras sud du transept, et qui furent abattus à la Révolution en 1793. Ces têtes sont dans un état de conservation variable et ne sont pas toutes du même sculpteur. Celle qui vient d’entrer au musée se distingue par son visage jeune et imberbe - celui de saint Jean probablement - les autres étant tous barbus. Sa qualité est également remarquable, si bien qu’on l’attribue au maître anonyme qui dirigea le chantier du bras sud à partir de 1220 et marqua l’arrivée du style gothique en terre germanique. Il serait en outre l’auteur des merveilleuses sculptures de La Synagogue et L’Eglise, et du tympan de la Dormition de la Vierge.
La tête de saint Jean a fait partie de la collection de Johann Knauth, qui fut l’architecte de la cathédrale à partir de 1905, elle fut publiée en 1911. Elle disparut pendant la Première Guerre mondiale et reparut finalement en 2014 chez un collectionneur d’Offenbourg à qui elle a été achetée 100 000 euros1.


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1. Tête d’apôtre, Saint Jean, Strasbourg, vers 1220.
Grès rose - 32 x 25 x 23 cm.
Portail du bras sud du transept
de la cathédrale de Strasbourg
Strasbourg, Musée de l’Oeuvre
Photo : Musée de l’Œuvre
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2. Stefano della Bella (1610- 1664)
Etude de paysage avec un muletier
Tempera sur bois – 29,5 20,3 cm
Strasbourg, Musée des Beaux-Arts
Photo : Jean-Luc Baroni
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Autre acquisition récente, une étude de paysage avec un muletier, peinte par l’Italien Stefano della Bella, a été offerte par Jean-Luc Baroni aux Musées de la ville de Strasbourg (ill. 2). Elle rejoint les collections du Musée des Beaux-Arts et complète le fonds du Cabinet des Estampes et des Dessins qui conserve quelque 178 gravures de cet artiste. Car Stefano della Bella est surtout connu pour son travail de dessinateur et de graveur. Fortement influencé par Jacques Callot, il travailla à la cour des Médicis, puis séjourna à Rome à partir de 1633 avant de se rendre à Paris en 1639 où il reçut des commandes de Richelieu puis de Mazarin. Il resta en France une dizaine d’années, voyagea à Amsterdam en 1647, rencontra Rembrandt, retourna finalement à Florence en 1650 et y mourut en 1664.
Une seule autre peinture lui est attribuée avec certitude, elle est conservée aux Offices et illustre l’Incendie de Troie. Celle donnée à Strasbourg possède sur son revers une signature de l’artiste. Le motif des troncs qui s’enlacent et le traitement léger des frondaisons se retrouvent dans ses dessins, plus particulièrement l’un d’eux conservé du Louvre montrant des figures dans un paysages montagneux et un autre à Berlin qui met en scène un homme à cheval cheminant sur un sentier. Cette tempera sur panneau est peut-être une étude préparatoire pour une œuvre qui reste à découvrir.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 28 avril 2017


Notes

1Achat réalisé avec l’aide du Fonds régional d’acquisition des musées (FRAM) et le mécénat de la Société des Amis de la cathédrale de Strasbourg ainsi que de M. Victor Beyer, ancien directeur des musées de Strasbourg.





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