The Paintings of Hendrick ter Brugghen (1588–1629). Catalogue raisonné Contenu abonnés


En janvier 2009, le Joueur de cornemuse (ill. 1) d’Hendrick ter Brugghen (voir brève du 13/3/09) atteignait le prix record de 10 162 500 dollars lors d’une vente Sotheby’s à New York1. Cette enchère spectaculaire dit assez bien le chemin parcouru dans la reconnaissance d’un artiste qui, près d’un demi-siècle plus tôt, était encore oublié ou presque. On doit à Benedict Nicolson d’avoir fait sortir de l’ombre ce peintre aujourd’hui considéré comme l’un des plus importants de l’école d’Utrecht. S’inscrivant dans le mouvement de redécouverte du Caravage et des caravagesques initié par Roberto Longhi, Nicolson consacrait en 1958 une monographie et un premier catalogue raisonné de l’œuvre de ter Brugghen2, travail pionnier qu’il ne devait cesser d’enrichir par des articles de mise à jour jusqu’à sa disparition en 19783. Depuis cette date, de nombreuses contributions4 sont venues affiner et augmenter notre connaissance de l’artiste et de son corpus, de sorte que, presque cinquante ans après l’ouvrage de Nicolson, un nouvel « état des lieux » s’imposait.

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1. Hendrick Ter Brugghen (1588-1629)
Joueur de cornemuse de profil, 1624
Huile sur toile - 101 x 83 cm
Washington, National Gallery of Art
Photo : Sotheby’s

_ C’est à cette ambitieuse tâche qu’avait décidé de s’atteler Leonard J. Slatkes5 et il l’aurait certainement menée à son terme s’il n’était pas décédé à son tour, brutalement, en 2003. Le présent ouvrage est donc le résultat d’un travail à deux mains, Wayne Franits, ancien élève et ami de Slatkes, ayant accepté de reprendre le manuscrit en cours et de le compléter. On lui doit donc les deux essais d’introduction - sur la vie de ter Brugghen et la réception de ses œuvres par ses contemporains - ainsi que la mise à jour de l’appareil critique à partir de 1990 et la réalisation des index et tables de concordance avec le catalogue de Nicolson.

En 1958, Benedict Nicolson décrivait Hendrick ter Brugghen comme un artiste catholique né près de Deventer. D’un tempérament mélancolique6, ayant appris la peinture dans l’atelier d’Abraham Bloemaert, il serait parti très jeune, vers l’âge de quinze ans, pour un séjour de dix ans en Italie7. De cette première période de sa vie ne reste aucun tableau identifié. En 1616 il est membre de la Guilde de Saint-Luc à Utrecht mais sa première œuvre certaine, Le couronnement d’épines (Copenhague, Statens Museum for Kunst / A13), n’est datée que de 1620.
S’il est (malheureusement) vrai qu’on ne connaît toujours aucune œuvre de cette première période italienne de l’artiste, les contours de sa vie et les dates de ce fameux voyage sont désormais mieux connus8. Hendrick ter Brugghen était en fait très certainement de confession protestante9. Il est probablement né en 1588 à La Haye, ville où sa famille est documentée de 1585 à 160210. Les sources citent unanimement Abraham Bloemaert comme son premier maître, ce qui est fort plausible même si rien ne l’atteste historiquement. On a longtemps cru que l’artiste était…

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