Préemption d’un tableau de Jean Tassel par le Musée Fabre


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Jean Tassel
La diseuse de bonne aventure, vers 1645-1650
Huile sur toile -
Préempté par le Musée Fabre de Montpellier
Photo : SVV Fraysse

3/12/14 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - Vendredi dernier 29 novembre, le Musée Fabre de Montpellier a préempté à Drouot (SVV Fraysse), pour 130 000 euros prix marteau, une toile de Jean Tassel représentant La Diseuse de bonne aventure.

Le sujet et le traitement font de ce tableau une œuvre typiquement caravagesque. Le thème est en effet l’un de ceux que privilégiaient les artistes suiveurs du Caravage à Rome au début du XVIIe siècle, notamment Simon Vouet dans un tableau conservé à Ottawa qui présente d’ailleurs des similarités dans la composition1. Cependant, le costume du jeune homme serait français et daterait du début du règne de Louis XIV2 ce qui permet de penser que l’artiste a peint ce tableau en France vers 1645-1650. Tassel est en effet documenté à partir de 1647 à Langres, sa ville natale, de retour de Rome où il était mentionné depuis 1634. Il passa le reste de sa carrière entre cette cité et Dijon.

Les figures de Jean Tassel sont extrêmement reconnaissables ce qui rend les attributions de ses tableaux assez faciles. Une monographie lui a été consacrée, ainsi qu’à son père Richard, par le docteur Henri Ronot en 1992. Cette toile y est cataloguée comme appartenant alors à la collection du marchand François Heim. Une réplique autographe est également reproduite mais d’une taille plus réduite car sans doute coupée sur les côtés et dans la partie inférieure. Enfin, une troisième version, non illustrée, peut-être due à l’atelier, est passée en vente à Paris en 1989.
Le Musée Fabre ne conservait jusqu’à aujourd’hui aucune œuvre de Jean Tassel. Celle-ci, sans doute une des plus belles scènes de genre qu’il ait réalisé - il est également l’auteur de tableaux religieux et mythologiques -, vient renforcer une collection riche à la fois en peintures françaises du XVIIe siècle et en tableaux caravagesques.


Didier Rykner, mercredi 3 décembre 2014


Notes

1On peut aussi citer l’exemple de Georges de La Tour dont on ne sait toujours pas s’il s’est rendu ou non en Italie.

2Cette observation a été faite par Michèle Beaulieu selon le docteur Ronot, auteur de la monographie sur l’artiste (voir plus loin dans le texte).





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