Les expositions des galeries parisiennes


JPEG - 201.2 ko
1. Léon Cogniet (1794-1880)
L’officier polonais. Praga 1831, vers 1831
Aquarelle et gouache - 26 x 20 cm
Galerie La Nouvelle Athènes
Photo : Galerie La Nouvelle Athènes

27/3/15 – Paris, Marché de l’Art – Comme d’habitude, et grâce au Salon du dessin, Paris devient pendant quelques jours la capitale du marché de l’art. Plusieurs galeries se joignent chaque année à la fête en présentant des expositions (parfois également de sculptures ou de dessins). Nous allons essayer d’en faire une revue la plus exhaustive possible.

On commencera sur la rive droite, très au nord avec une exposition qui a ouvert dès la semaine dernière à La Nouvelle Athènes, rue Chaptal, une jeune galerie que nous suivons avec particulièrement d’intérêt puisqu’elle présente régulièrement des expositions de dessins et peintures du XIXe siècle comme nous les aimons. Cette fois ci, avec la publication d’un catalogue (également disponible en ligne), il s’agit d’une sélection de feuilles s’aventurant du XVIIIe siècle avec un Paysage romain à la sanguine de Jean-Robert Ango, jusqu’au tout début du XXe avec un Autoportrait de Luc Lafnet. Mais l’essentiel des œuvres est bien du XIXe, et nous en retiendrons un impressionnant dessin à l’aquarelle et gouache de Léon Cogniet, véritable dénonciation de l’indifférence de la France face au sort de la Pologne envahie par les Russes en 1831 : L’officier polonais (ill. 1) qui porte la légion d’honneur, défie le spectateur du regard en le prenant à témoin de la destruction de son pays.


JPEG - 231.1 ko
2. Théodore Gechter (1796-1844)
Cavalière Indienne chassant le tigre
Bronze - 51 x 50 cm
Galerie Chanoit
Photo : Galerie Chanoit
JPEG - 90.7 ko
3. Henri de Triqueti (1803-1874)
Aiguière du Triomphe de Bacchus et d’Ariane, vers 1848
Bronze - H. 36,5 cm
Galerie Édouard Ambroselli
Photo : Galerie Édouard Ambroselli

Revenons vers le centre en passant par le quartier Drouot où plusieurs galeries montrent des dessins, notamment celle de Laura Pêcheur, mais aussi Emmanuel Rouchès à l’entrée du passage Jouffroy, ou un peu plus loin Fabrice Contassot, ainsi que Jean-Max Peraldi rue de la Grange Batelière.
Dans le même quartier, la galerie Chanoit présente notamment deux bronzes de Théodore Gechter, un sculpteur romantique particulièrement intéressant, dont on reproduira ici Une indienne chassant le tigre (ill. 2). Non loin de là, la galerie Édouard Ambroselli montre, pour rester dans le même domaine et dans les mêmes années, une exceptionnelle Aiguière en bronze par Henri de Triqueti (ill. 3).


JPEG - 242.5 ko
4. Théodore Géricault (1791-1824)
Portrait d’Alfred Dedreux enfant
Plume et lavis d’encre brune - 12,9 x 10,3
Galerie Hubert Duchemin
Photo : Galerie Hubert Duchemin

On se dirigera ensuite vers le Palais de la Bourse pour voir le Salon du Dessin (voir l’article) et en sortant on se rendra chez Hubert Duchemin qui, fidèle à son habitude, ne présente qu’une seule œuvre, un petit mais très important dessin de Théodore Géricault inédit (ill. 4), récemment redécouvert, Portrait d’Alfred de Dreux enfant (un catalogue a été édité à cette occasion, disponible en ligne).


JPEG - 76.6 ko
5. Victor-François-Éloi Biennoury (1823-1893)
Ecce Homo
Pierre noire et craie blanche - 45,6 x 28,7 cm
Nicolas Schwed
Photo : OMD Sarl

JPEG - 195.1 ko
6. Nicolás Megía Márquez (1845-1917)
Portrait d’homme en costume Renaissance
Pastel - 59 x 46 cm
Galerie Alexis Bordes
Photo : Galerie Alexis Bordes

Continuons notre promenade en nous rendant rue Saint-Honoré visiter l’exposition de dessins proposée par Nicolas Schwed. Un catalogue est publié et la sélection est de très haute qualité puisque l’on y trouve rien moins qu’un dessin de l’atelier de Raphaël retouché par Rubens, mais aussi une belle feuille de Vicente Carducho, Saint Bruno et un moine chartreux supervisant la construction d’une chartreuseet un rare dessin religieux de Greuze, une Marie-Madeleine. Mais nous reproduirons ici plutôt un dessin de Victor-Eloi Biennoury (ill. 5) préparatoire pour une peinture murale de l’église Saint-Séverin, non seulement parce que l’œuvre achevée est en mauvais état comme d’ailleurs une grande partie des décors des églises parisiennes, mais aussi parce qu’une telle feuille montre que du point de vue de la virtuosité, le XIXe siècle « académique » n’a rien à envier aux dessins anciens. On signalera aussi un admirable Autoportrait de Louis Lamothe, mais celui-ci a été acquis par une institution parisienne et il fera donc l’objet d’une prochaine brève.

En continuant vers l’ouest de Paris, on arrive chez Alexis Bordes à proximité de la place Vendôme. Celui-ci présente des dessins, peintures et sculptures accompagnées d’un catalogue (disponible en ligne). Nous pourrions citer la ravissante esquisse peinte de Fragonard qu’il a d’ailleurs tout de suite vendue, ou les portraits sur papier bleu d’Alphonse Leroy, mais nous préférons illustrer cet article avec un pastel d’un artiste espagnol peu connu en France, Nicolás Megía Márquez, représentant un Portrait d’homme en costume Renaissance (ill. 6).


JPEG - 221.1 ko
7. Gustave Courbet (1819-1877)
Aquarelle - 23,3 x 33,4 cm
Galerie Ratton-Ladrière
Photo : Galerie Ratton-Ladrière
Le retour de la conférence

En traversant la Seine, plusieurs marchands réunis sous le nom de Cercle Rive Gauche présentent simultanément des expositions. Plusieurs concernent l’art du XXe siècle, mais trois d’entre eux se consacrent aux périodes antérieures.
C’est le cas de la galerie Ratton-Ladrière qui réunit dans un catalogue plusieurs dessins majeurs, dont un dessin de Corrège à la pierre noire, préparatoire au tableau du Musée de Strasbourg Judith et sa servante, ainsi qu’une aquarelle de Gustave Courbet montrant Le Retour de la conférence (ill. 7). Peut-être inspirée à l’artiste par Pierre-Joseph Proudhon, cette composition anticléricale fut peinte mais le tableau a été détruit par un catholique scandalisé par cette image. On en conserve néanmoins une photographie. Selon Klaus Herding, qui a signé la notice du catalogue, les visages de cette esquisse « ont été retouchés plus tard par un tiers en vue de garantir la parfaite compréhension du sujet et des caractères  ».


JPEG - 621.1 ko
8. Gaspare Celio (1571-1640)
Étude de lunette avec des anges portant une croix et une colonne
Plume et lavis d’encre noire - 16 x 29,8 cm
Galleria Mattia & Maria Novella Romano
Photo : Galleria Mattia & Maria Novella Romano
JPEG - 142.5 ko
9. Jean Geoffroy, dit Géo (1853-1924)
Un Malheureux, 1886
Huile sur toile - 90 x 65cm
Galerie Thierry Mercier
Photo : Galerie Thierry Mercier

Chez Alexandre Piatti, rue de Lille, une galerie italienne, Mattia & Maria Novella Romano présente une sélection de dessins anciens. Certains d’entre eux sont reproduits dans le catalogue. Nous reproduisons ici un dessin préparatoire de Gaspare Celio (ill. 8) pour une fresque jamais exécutée dans la chapelle de la Passion de l’église du Gesù à Rome.
Poursuivons jusqu’à la galerie Mercier avec Un Malheureux de Jean Geoffroy, dit Géo (ill. 9), une œuvre d’une force impressionnante (mais que vous ne pourrez pas voir puisqu’elle est vendue et déjà emportée, à moins que vous ne vous vous rendiez à Saintes pour l’exposition rétrospective consacrée à l’artiste qui ouvrira bientôt dans le musée de cette ville).


JPEG - 359.2 ko
10. Luc-Olivier Merson (1846-1920)
Marie-Félicie des Ursins,
Duchesse de Montmorency et le poète
Théophile à Sylvie en 1626
, 1881
Huile sur carton - 28 X 31,5 cm
Galerie Fabienne Fiacre
Photo : Galerie Fabienne Fiacre
JPEG - 157.4 ko
11 Achille Devéria (1800-1857)
Les Regrets
Aquarelle - 30,5 x 22,8 cm
F. Baulme Fine Arts
Photo : F. Baulme Fine Arts

En continuant rue de Lille, on pourra faire un arrêt chez Fabienne Fiacre, qui bien que ne participant pas au Cercle Rive Gauche organise également une petite exposition (sans catalogue) où l’on pourra voir notamment une huile sur carton de Luc-Olivier Merson Marie-Félicie des Ursins, Duchesse de Montmorency et le poète Théophile à Sylvie en 1626 (ill. 10) préparatoire à un tableau conservé au Musée Condé à Chantilly.
Et on terminera (un peu fatigué) chez Franck Baulme, quai de Seine, où l’on verra parmi d’autres œuvres, un bas relief baroque italien d’Angelo Gabriello Pio et une belle aquarelle d’Achille Devéria, Les Regrets (ill. 11).

Signalons enfin qu’Éric Coatalem organise dans sa galerie une exposition en hommage à la galerie Cailleux à laquelle nous consacrerons un autre article.


Didier Rykner, vendredi 27 mars 2015





imprimer Imprimer cet article

Article précédent dans Brèves : Les musées français absents de la vente Grandchamp des Raux

Article suivant dans Brèves : Un carnet d’Hubert Robert préempté par le Louvre