Le Musée Fabre préempte un tableau de Mallet


24/3/17 - Acquisition - Montpellier, Musée Fabre - Il y a quelques heures, le Musée Fabre préemptait pour 15 000 euros une toile de Jean-Baptiste Mallet lors de la vente que l’étude Audap-Mirabaud organisait à Drouot.


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Jean-Baptiste Mallet (1759-1835)
L’Hymen
Huile sur toile - 32,5 x 40,5 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : SVV Audap-Mirabaud
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Intitulée L’Hymen, l’œuvre met en scène une femme aux allures de vestale couvrant de son voile un très jeune couple s’embrassant, sous le regard du dieu Hymen tenant son flambeau, dont la statue se dresse à droite.
Né à Grasse en 1759, Mallet se forma à Toulon avant de se rendre à Paris où il se lia avec Pierre- Paul Prud’hon. Traversant les différents régimes jusqu’au règne de Louis-Philippe, il adapta son art aux changements de goût, évoluant d’une peinture sentimentale à la Greuze au style troubadour, en passant par une manière antiquisante, évidente ici, sans se départir de la tonalité galante qui fit son succès. Non seulement les drapés et le mobilier - aiguière, brûle-parfum, lit, tabouret - sont inspirés de l’antique, mais le couple aussi semble reprendre les attitudes de L’Amour et Psyché, groupe sculpté du Ier siècle aujourd’hui visible aux Offices de Florence. L’artiste structure sa composition par un cadre clairement délimité et des lignes perpendiculaires - le muret, les colonnes, et la pergola -, une structure qu’il adoucit par l’ajout de plantes et un paysage boisé à l’arrière-plan, ainsi que par cette manière porcelainée que l’on retrouve dans ses autres peintures.
Mallet interpréta à plusieurs reprises le thème de l’amour antique, celui d’Hélène et Paris par exemple dans une aquarelle beaucoup moins chaste que la peinture du Musée Fabre ou bien dans une paire de tableaux étonnants montrant un couple sur une barque : L’Amour les conduit, L’Amitié les ramène.
Comme le souligne Michel Hilaire, cette petite toile se situe « entre le goût de Fabre et d’Antoine Valedau », tous deux donateurs du Musée Fabre. Cette remarque de son directeur éclaire l’acquisition d’une œuvre qui s’insère parfaitement dans ses collections. En 2015, le Musée Cognaq-Jay avait acheté une gouache du même artiste (voir la brève du 20/3/15).


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, vendredi 24 mars 2017





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