Le Musée des Beaux-Arts de Gand a réouvert ses portes en mai dernier


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1. Charles van Rysselberghe (1850-1920)
Musée des Beaux-Arts de Gand
Photo : D. Rykner

Fin mai 2007, le Musée des Beaux-Arts de Gand a réouvert ses portes, après quatre ans de fermeture dus à des travaux de mise aux normes. Peu de choses ont réellement changé dans l’accueil du public mais des points aussi essentiels que le système électrique, l’éclairage des œuvres, les dispositifs de sécurité ont été entièrement revus. De même, la cafétaria, la librairie, l’auditorium ou la bibliothèque ont bénéficié de ces travaux. Un réaménagement de musée, contrairement à une exposition, est destiné à durer de nombreuses années. Il n’est donc pas trop tard pour parler de cette réhabilitation et des parti-pris de l’accrochage.


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2. Musée des Beaux-Arts de Gand
Salle des paysages du XIXe siècle
Photo : D. Rykner

Le musée est situé dans un beau bâtiment classé Monument Historique (ill. 1), construit en 1902 par Charles van Rysselberghe, le frère du peintre, et agrandi en 1913. Les trois principaux musées flamands, Bruges, Anvers et Gand ont décidé de jouer la carte de la complémentarité en se spécialisant dans des domaines différents, afin d’éviter de se faire bêtement concurrence. Ainsi, Bruges se réserve plutôt les primitifs flamands, Anvers l’art baroque et le XIXe siècle est le champ privilégié de Gand. Cela n’empêche pourtant pas le musée de posséder une belle collection d’art ancien (notamment de nombreux tableaux flamands du XVIIe siècle) et à continuer d’acquérir en dehors de sa période de prédilection pour tout ce qui touche à l’histoire locale. Les trois musées travaillent également en commun pour leur programme d’expositions.

L’accrochage est intelligent, rapprochant les œuvres de manière pertinente. Nous ne lui ferions qu’un seul reproche sur un point d’ailleurs parfaitement assumé par les responsables : cette présentation est insuffisamment dense (ill. 2), prenant le parti de montrer moins d’objets, certes dans d’excellentes conditions, mais en en reléguant un nombre important en réserves. Ce qui est exposé est cependant de premier plan, montrant en peinture ancienne pas moins de deux Jérôme Bosch, de la peinture baroque flamande (Rubens, Jordaens, Van Dyck, de nombreux Crayer...), quelques belles toiles italiennes...
Pour le plaisir, nous reproduirons ici un tableau de Martin van Heemskerck (ill. 3) et une Annonciation de Jan Janssens (ill. 4). Plusieurs œuvres ont pu être récupérées dans les bâtiments municipaux et réintégrer les collections du musée, tel un grand Theodoor Rombouts (Allégorie de la Cour de Justice) longtemps déposé à l’Hôtel de Ville.


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3. Martin van Heemskerck (1498-1574)
Christ de douleur, 1552
Huile sur panneau - 84,2 x 72,5 cm
Gand, Musée des Beaux-Arts
Photo : D. Rykner
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4. Jan Janssens (1590-après 1650)
L’Annonciation, 1552
Signée en bas à gauche
Huile sur toile - 258,5 x 220,5 cm
Gand, Musée des Beaux-Arts
Photo : D. Rykner

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5. Jef Lambeaux (1852-1908)
Les Passions Humaines
Plâtre
Gand, Musée des Beaux-Arts
Photo : D. Rykner

Le XIXe siècle est donc particulièrement remarquable, à commencer par l’art français avec le célèbre Kleptomane de Géricault, ou des paysages de l’école de Barbizon. L’école belge est logiquement représentée en force, avec des peintures de Joseph Paelinck, Sophie Rude, Joseph-Benoît Suvée (dont une exposition va bientôt ouvrir à Bruges, qui sera traitée sur le site) ou François-Joseph Navez. Dans cette même salle, on verra les œuvres du sculpteur Jef Lambeaux dont le gigantesque plâtre des Passions Humaines (ill. 5), modèle du marbre conservé à l’intérieur du pavillon construit par Victor Horta dans le parc du Cinquantenaire à Bruxelles. Georges Minne pour sa part bénéficie presque entièrement d’une rotonde. On pourra voir aussi des tableaux de James Ensor, dont l’un a été acquis tout récemment (brève à venir) ainsi que des peintures surréalistes (Magritte, Delvaux,...)

Dans quelques jours ouvrira une exposition consacrée à l’art anglais, dont nous rendrons compte sur ce site. Malheureusement, le manque de salles d’expositions contraint les organisateurs à vider le bâtiment d’une partie de ses collections permanentes, ce qui est très dommageable. On pourra, au moins, se reporter au catalogue sommaire en deux volumes paru à l’occasion de cette réouverture.

Catalogue en deux volumes (édition anglaise et flamande, pas d’édition fraçaise) : Paintings catalogue, MSK Gent, 2007, 189 et 383 p. ISBN : 9789081180825.

Site Internet du Musée des Beaux-Arts de Gand

Site Internet de la collection d’art flamande des trois musées de Gand, Bruges et Anvers, avec base de donnée des collections

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Didier Rykner, jeudi 4 octobre 2007





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