Le Louvre achète un buste de Houdon


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Jean-Antoine Houdon (1741-1828)
Buste de Anne-Ange Houdon (1788-1843)
à l’âge de quinze mois
, 1791
Marbre - 29,7 x 38,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Christie’s
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20/6/17 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Houdon eut trois filles dont ils sculpta les portraits dès leur plus jeune âge : Sabine, Anne-Ange et Claudine. Sabine fut représentée à 10 mois, puis à 4 ans, et Claudine âgée d’un an à peine.
C’est un buste en marbre d’Anne-Ange à l’âge de quinze mois qui a été préempté par le Musée du Louvre, adjugé 212 500 euros (frais compris) dans la vente que Christie’s organisait à Paris le 16 mai dernier.
Plusieurs versions en terre cuite et en plâtre de ce portrait furent réalisées ; le plâtre orignal se trouve au Louvre, acheté lors de la vente Courty à Drouot le 9 décembre 2002, que vient aujourd’hui rejoindre le marbre.

La fillette est représentée en buste, nue, comme Sabine, alors que Claudine porte un drapé. Le sculpteur donne vie à son portrait par la posture, la tête tournée sur la gauche, par l’expression aussi, la bouche entrouverte, le traitement des yeux également, caractéristique de sa manière, avec l’iris très creusé, surmonté d’un petit relief qui crée une ombre. On dit souvent que Houdon ne se contentait pas de décrire fidèlement un visage, mais savait aussi traduire une personnalité. Il saisit en outre la grâce volatile de l’enfance en évitant toute mièvrerie. La comparaison des bustes de ses filles est en ce sens éloquent : trois poupons, tous différents. Il ne limita pas ce talent au cercle strictement familial et le Louvre - qui possède le fonds le plus importants d’œuvres de l’artiste - conserve notamment les bustes des enfants de Louis Brongniart, Louise et Alexandre.
Confrontées aux œuvres de Jean‑Baptiste II Lemoyne ou de Jean-Baptiste Pigalle, les sculptures de Houdon témoignent de l’évolution à la fois du portrait et du statut de l’enfant dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Il réalisa d’ailleurs plusieurs effigies - posthumes - de l’auteur plein de contradictions de l’Émile ou De l’éducation : Jean-Jacques Rousseau.


Bénédicte Bonnet Saint-Georges, mardi 20 juin 2017





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