Le Louvre achète le panneau du Maître de Dreux Budé chez Sotheby’s Londres


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1. Maître de Dreux-Budé
probablement André d’Ypres
(actif en 1425-1450)
L’Arrestation du Christ
Huile sur panneau - 48,7 x 30,5 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Sotheby’s

9/12/15 - Acquisition - Paris, Musée du Louvre - Alors que le Louvre n’avait pas acheté un seul tableau depuis plus d’un an, et que nous commencions à complètement désespérer de sa politique d’acquisition, celui-ci s’est enrichi ce soir (pour 965 000 livres frais inclus, soit 1 330 000 €) à la vente Sotheby’s Londres d’un très beau et important panneau, que nous avions reproduit d’ailleurs dans notre article sur les ventes (voir la brève du 8/12/15) : L’Arrestation du Christ par le Maître de Dreux Budé, panneau gauche d’un triptyque (ill. 2) dont le central est au Getty Museum et le droit au Musée Fabre de Montpellier. Celui-ci fut reconstitué lors de l’exposition de l’Art Institute de Chicago « Kings, Queens and Courtiers. Art in Early Renaissance France », en 2011. L’œuvre avait été commandée par Dreux Budé, secrétaire de Charles VII, probablement pour la chapelle de la Vierge et saint Christophe de l’église Saint-Gervais-Saint-Protais à Paris.

La scène exacte représente la trahison du Christ par Judas, lorsque celui-ci l’embrasse pour le désigner aux soldats romains qui se précipitent pour l’arrêter. Au premier plan, on voit le donateur et son fils agenouillé ; son épouse et ses deux filles se trouvent, elles, sur le panneau de Montpellier qui représente la Résurrection du Christ.


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2. Maître de Dreux-Budé
probablement André d’Ypres (actif en 1425-1450)
Reconstitution du triptyque
Huiles sur panneau
Louvre, Getty, Musée Fabre
Photos : Sotheby’s/Getty/Musée Fabre

L’auteur, nommé d’après ce triptyque, est en réalité probablement André d’Ypres. Ce peintre, mentionné à Amiens en 1425-1426, mourut à Mons en 1450. Le Maître de Dreux Budé est aussi l’auteur présumé du célèbre retable du Parlement de Paris du Louvre. Il est heureux que ce panneau peint à Paris puisse désormais y être exposé même s’il est dommage qu’en 1979 les musées français n’aient pas pu acquérir le grand panneau central lorsqu’il se trouvait sur le marché parisien1.


Didier Rykner, mercredi 9 décembre 2015


Notes

1Le Getty l’avait acheté chez François Heim.





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