Lancement de la Fondation Avenir du Patrimoine à Paris


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William Bouguereau (1825-1905)
Décor de la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul
(bras gauche du transept)
Huile sur toile marouflée
Photo : Didier Rykner

11/2/14 - Patrimoine - Églises parisiennes - La médiatisation de l’état critique des églises parisiennes, à laquelle nous ne sommes pas étranger, a au moins pour conséquence de faire un peu bouger les choses. Non pas vraiment du côté de la mairie puisque le « plan église » contenu dans le programme d’Anne Hidalgo (80 millions d’euros) ne représente rien d’autre qu’une très faible augmentation des budgets habituels affectés par la mairie dont on voit à quoi ils ont abouti aujourd’hui. Mais du côté du mécénat puisque de plus en plus d’entreprises privées proposent de suppléer les manquements de la ville.

Ainsi, une nouvelle fondation, appelée « Avenir du patrimoine à Paris », vient d’être lancée sous l’égide de la Fondation Notre Dame, elle même émanation du Diocèse de Paris.
Que l’Église se préoccupe de la restauration des édifices qui lui sont affectés est donc une excellente chose dont il faut se féliciter. L’objectif de cette nouvelle fondation est de lever 7 millions d’euros en trois ans et de faire porter l’effort sur trois édifices : Saint-Augustin, Saint-Merri et la Madeleine. Cette collecte de fonds sera faite église par église au sein de fonds identifiés, auprès d’entreprises et de particuliers. À ce titre, ils pourront bénéficier d’avantages fiscaux.

Signalons toutefois un mélange des genres un peu étrange et qui devra être revu. En effet, parmi les canaux de collecte envisagés, la Fondation « encouragera l’apposition de bâches publicitaires sur les édifices en travaux ». Cette idée est non seulement extrêmement mauvaise, cherchant ainsi à pérenniser ce que tous les défenseurs du patrimoine devraient combattre, elle est aussi totalement hors propos. Comme l’a rappelé Danièle Pourtaud, adjointe au patrimoine de la mairie de Paris, avec laquelle nous sommes pour une fois d’accord (il faut bien des exceptions à une règle), l’affichage publicitaire n’est en rien un mécénat, et ne peut évidemment abonder une fondation ouvrant droit à une déduction fiscale. Il ne manquerait plus que les entreprises qui polluent la ville avec leurs affiches publicitaires puissent en plus le déduire de leurs impôts.
Remarquons aussi une ambiguïté : pour aucune de ces trois églises la Fondation ne cite dans les travaux à mener la restauration indispensable des peintures murales. Si celles-ci ne peuvent être traitées qu’après que la réfection des toitures, dans bien des églises elles sont parmi les œuvres les plus menacées. Les donateurs peuvent cependant cibler leurs dons en précisant qu’ils doivent être affectés à la restauration des décors peints.

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Didier Rykner, mardi 11 février 2014





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