La Manufacture des Lumières. La sculpture à Sèvres de Louis XV à la Révolution Contenu abonnés


Sèvres, Musée national de la Céramique, du 16 septembre 2015 au 18 janvier 2016.

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1. Claude Dejoux (1732-1816)
Nicolas Catinat, 1783
Terre cuite - 47 x 33,5 x 23,2 cm
Paris, Musée national de la Céramique
Photo : Didier Rykner

Dans la nuit du 3 mars 1942, les bombardements alliés sur les usines Renault de l’île Seguin soufflèrent les vitres et vitrines de la manufacture de Sèvres voisine. Certaines collections qui n’avaient pas été évacuées furent gravement touchées, parmi lesquelles les modèles en terre cuite ayant servi dans la seconde moitié du XVIIIe siècle pour la création des sculptures en biscuit. Soigneusement recueillis et conservés, la majorité de ces morceaux restaient stockés en caisse depuis soixante-dix ans. Seules quelques-unes de ces terres cuites avaient été restaurées pour les rétrospectives Falconet à Sèvres et Boizot au Musée Lambinet de Versailles en 2001-2002. Mais la collection entière, qui couvre toute l’activité de la manufacture des années 1750 à la fin du siècle, restait largement ignorée. Ce sont plus d’une centaine d’œuvres qui ont ainsi été restaurées, avec le mécénat de BNP-Paribas, et qui sont les véritables vedettes de cette exposition, même si celle-ci a pour sujet principal la création des biscuits.

L’histoire de cette collection de modèles est mal connue, faute d’archives précises. Beaucoup d’entre eux ont probablement disparu dès le XVIIIe siècle dans le processus de création des statuettes. On ne sait d’ailleurs pas combien étaient conservés, ni dans quelles conditions exactes ils ont été détruits ou mutilés, le bombardement de 1942 n’expliquant sans doute pas toutes les disparitions. Certains n’ont été reversés au musée par la manufacture qu’assez tardivement au XXe siècle (un fragment a encore été retrouvé dans les ateliers en 2015 !). Quoiqu’il en soit, l’ensemble comporte désormais 133 sculptures et 60 fragments qui n’ont pu être reliés à aucune d’entre elles. Les restaurations ont consisté, tel un gigantesque puzzle, à remettre en place les morceaux après avoir retrouvé leur destination. Certaines réparations antérieures à la guerre, qui avaient mal vieilli, ont été reprises. Les œuvres ont été soigneusement nettoyées lorsque cela était nécessaire. Dans certains cas, grâce aux moules ou aux modèles en plâtre qui existent encore, des parties manquantes ont pu être refaites à l’identique, uniquement lorsque cela était nécessaire pour la lecture de l’œuvre ou lorsqu’elles avaient un rôle structurel (ill. 1).

Le résultat est exceptionnel. Et l’exposition ne l’est pas moins. On ne sait qu’admirer le plus dans cette entreprise : les restaurations1, qui font revivre des œuvres que l’on n’avait jamais pu voir, le travail scientifique autour de l’exposition, le remarquable catalogue, parfait en tous points2 et superbement édité par Faton, la scénographie par Cécile Degos qui magnifie les sculptures... Il s’agit, incontestablement, d’une des meilleures expositions actuellement visibles à Paris et dans ses environs.

On distingue plusieurs périodes marquées par des personnalités…

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