L’exposition Courbet à Montpellier


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1. Gustave Courbet (1819-1877)
La Rencontre ou Bonjour Monsieur Courbet, 1854
Huile sur toile - 129 x 149 cm
Montpellier, Musée Fabre
Photo : Musée Fabre - Montpellier Agglomération/
Frédéric Jaulmes

22/6/08 – Exposition – Montpellier, Musée Fabre – La même exposition peut changer de visage lorsqu’elle est présentée en deux lieux distincts. C’est le cas de la rétrospective Courbet qui vient de commencer au Musée Fabre de Montpellier après ses étapes parisienne (voir la recension de Colin Lemoine) et new yorkaise (non vue).

Les œuvres exposées à Montpellier sont, à la marge, différentes de celles de Paris sans que le catalogue prenne acte de ces modifications : les toiles seulement montrées au Musée Fabre ne sont pas répertoriées tandis que l’absence de certaines tableaux n’est pas signalée. Surtout, le parcours est très largement différent.
A Montpellier, les commissaires ont choisi de se concentrer sur le peintre Courbet et n’ont pas mélangé ses œuvres aux photographies de ses contemporains. Celles-ci sont présentes (en moins grand nombre), mais bien distinctes et isolées du parcours principal. On évite ainsi le sentiment de confusion qui dominait au Grand Palais, impression renforcée par le choix de sections peu homogènes et dont le fil conducteur pouvait échapper à qui n’était pas déjà familier de l’œuvre de Courbet. La rétrospective de Monpellier apparaît plus claire que celle de Paris et donc plus accessible au public. Elle bénéficie également d’espaces mieux adaptés aux expositions que ne l’est le Grand Palais. L’éclairage zénithale à la lumière du jour est ici particulièrement efficient, notamment pour la salle consacrée aux paysages peints autour de Montpellier (une section absente de l’exposition parisienne, qui bénéficie des nombreuses œuvres conservées au Musée Fabre).


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2. Gustave Courbet (1819-1877)
Le Pont d’Ambrussum, 1857
Montpellier, Musée Fabre
Huile sur papier marouflé sur bois - 48 x 63 cm
Photo : Musée Fabre - Montpellier Agglomération/
Frédéric Jaulmes

On ne détaillera pas les œuvres qui n’étaient pas montrées à Paris (dont certaines très importantes, comme le Portrait d’une dame espagnole de Philadelphie). Les grands formats (L’Atelier et L’enterrement à Ornans) sont absents pour des raisons évidentes. Seule L’hallali du cerf de Besançon a eu l’honneur de Paris et de Montpellier, un choix quelque peu risqué pour cette immense toile. On se félicitera en revanche - et sur ce point, on divergera donc de la critique de Colin Lemoine - que la Femme nue couchée de 1862 ne soit pas exposée. Ce tableau, médiocre dérivation de la Vénus d’Urbino de Titien, a été retrouvé il y a peu et aussitôt inexplicablement classé « œuvre d’intérêt patrimonial majeur ». Fort heureusement, son prix élevé (11 millions d’euros) et sa faible qualité ont apparemment dissuadé les musées français de l’acquérir. Cette toile n’aurait pas tenu la route face à l’exceptionnelle réunion de chefs-d’œuvre de l’une des dernières salles, qui regroupe les plus beaux tableaux de femmes - nues ou vêtues - de Gustave Courbet.


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3. Le Pont d’Ambrussum
Photo : D. Rykner

Soulignons enfin qu’une « route Courbet » a été élaborée par l’agglomération de Montpellier. Ce type d’initiative a un intérêt réel en sensibilisant les élus locaux à leur patrimoine. Il s’agit ici de retourner sur les lieux où le peintre a réalisé ses plus beaux paysages. Certaines étapes sont quelque peu approximatives - le lieu de la Rencontre (ill. 1) n’est en effet pas connu précisément et l’urbanisme a parfois fait des ravages - mais on appréciera particulièrement la visite de l’ancienne propriété de François Sabatier à Lunel-Viel (exceptionnellement ouverte au public) où Courbet séjourna en 1854 et où il peignit la Tour de Farges, ainsi que le point de vue sur le pont romain d’Ambrussum même si celui-ci a perdu une arche au XXe siècle lors d’une violente crue (ill. 2 et 3).

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Didier Rykner, dimanche 22 juin 2008





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