Plus que quelques jours pour visiter l’exposition Loutherbourg à Strasbourg


6/2/13 - Acquisition - Londres, National Gallery - Il nous arrive, rarement fort heureusement, de visiter des expositions qui nous enthousiasment et que pourtant, pour de multiples raisons essentiellement liées à l’abondance de l’actualité, nous n’arrivons pas à traiter dans des délais raisonnables sur La Tribune de l’Art.


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1. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
Naufrage en grande tempête, 1769
Huile sur toile - 97 x 130
Dieppe, Château-Musée
Photo : Didier Rykner
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2. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
La défaite de l’Invincible Armada
Huile sur toile - 215 x 278 cm
Greenwich, National Maritime Museum
Photo : National Maritime Museum

C’est notamment le cas cet hiver avec la rétrospective que le Musée des Beaux-Arts de Strasbourg consacre à Philippe-Jacques de Loutherbourg. Celle-ci était organisée en liaison avec la parution aux éditions Arthéna de l’excellente monographie écrite par Olivier Lefeuvre. Nous reviendrons en détail sur cet ouvrage et sur l’artiste pour lui accorder l’article qu’il mérite, et nous nous contenterons ici de décrire, trop rapidement, l’exposition que nous vous incitons vivement à aller voir si vous n’en avez pas encore eu l’occasion.

Celle-ci s’ouvre sur l’Autoportrait de l’artiste, un genre qu’il pratiqua assez peu. Bien en chair, l’air d’un bourgeois fier de sa condition, il laisse difficilement transparaître sa vie particulièrement agitée et dissolue, partagée entre l’Angleterre et la France.
Les premières salles consacrées à sa période française montrent un paysagiste très doué, proche d’artistes comme Jean Pillement ou Jean-Baptiste Hüet, allant parfois jusqu’à pasticher son aîné Joseph Vernet (ill. 1). L’influence de l’art hollandais du Siècle d’Or est également évidente chez cet élève de François-Joseph Casanova, peintre qui lui transmit aussi le goût des représentations de batailles.

Ce début pourrait faire croire que Loutherbourg n’est que cela, un émule doué des meilleurs paysagistes de son siècle. La suite nous montre bien au contraire qu’il fut un des peintres les plus originaux de son temps, qui à son tour fut le précurseur et l’inspirateur de bien d’autres.
L’exposition s’attarde sur sa carrière de scénographe et d’inventeur (on lui doit la création de l’Eidophusikon, un mécanisme permettant de reproduire sur une scène de théâtre des phénomènes atmosphériques). Elle permet aussi de découvrir deux tableaux de grand format, particulièrement impressionnants, conservés au National Maritime Museum de Greenwich : La Victoire de Lord Howe et La Défaite de l’Invincible Armada (ill. 2).


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3. Philippe-Jacques de Loutherbourg (1740-1812)
Young au cimetière
Huile sur toile - 86,3 x 68,5 cm
New Haven, Yale Center for British Art
Photo : Yale Center for British Art

Loutherbourg, peintre français qui fit la plus grande partie de sa carrière en Angleterre, ne se contenta pas d’être influencé par les anglais (on le voit notamment dans un paysage clairement marqué par Constable) : il fut à son tour un modèle et l’un des premiers romantiques. En témoignent des toiles comme Young au cimetière (ill. 3) ou Le Déluge (Victoria & Albert Museum). Fasciné par les catastrophes naturelles, il fut également l’un des premiers à représenter des avalanches. Il méritait assurément cette exposition et cette monographie sur laquelle nous reviendrons bientôt.

Commissaires : Dominique Jacquot et Olivier Lefeuvre.

L’exposition se termine le 18 février 2013.

Informations pratiques  : Musée des Beaux-Arts, Palais Rohan, 2, place du Château. Tél : + 33 (0)3 88 52 50 00. Ouvert tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h. Tarif : 6 € et 3 €.

Site Internet des Musées de la Ville de Strasbourg

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Didier Rykner, mercredi 6 février 2013





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