L’aveu de Frédéric Didier : la grille de Versailles n’est pas identique à l’originale


26/8/08 – Patrimoine – Versailles, Château – Qui faut-il croire ? Frédéric Didier, l’architecte en chef des monuments historiques de Versailles, qui allait partout affirmant que la grille royale nouvellement inaugurée (voir brève du 1/7/08) était identique à l’originale1, ou Frédéric Didier, subtilement interrogé sur Europe 1 par Franck Ferrand le 10 août dernier et qui lui avoue candidement :

« [Avec les ferroniers] Nous avons passé des heures effectivement ensemble à mettre au point chaque détail, parfois d’après les archives bien entendu mais surtout, les archives ne disent pas tout, par analogie à partir d’éléments authentiques conservés soit sur le site de Versailles soit dans d’autres grilles du XVIIe siècle.2 »

validant ainsi ce que nous ne cessions de dénoncer ? Moralité, lorsqu’il se laisse aller, Frédéric Didier dit enfin la vérité.

Nous avons été informé de l’existence de cet interview (que l’on trouve en archive sur le site, et que chacun peut écouter ici) grâce à un article remarquable dû à Bernard Hasquenoph et venant de paraître sur son site Le Louvre pour tous, où il parle de la grille de Versailles mais aussi plus largement des restitutions qui ont contribué, depuis trop longtemps, à dénaturer Versailles3.

L’auteur a par ailleurs exhumé un article de Pierre de Nolhac, datant de 1934, extrêmement critique envers une politique de restitution d’ensembles disparus. Ceci est d’autant plus amusant que les mânes de ce conservateur sont régulièrement invoquées pour justifier les pires excès de la politique actuelle à Versailles.

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Didier Rykner, mardi 26 août 2008


Notes

1La restitution de la grille de Versailles est « rigoureuse », elle « s’appuie sur des bases solides et incontestables » (voir notre article du 25/3/07)

2S’agissant d’un interview radiophonique, c’est bien sûr qui soulignons.

3Seul point de désaccord avec cet article, son dénigrement de l’œuvre de Violllet-le-Duc. Celui-ci, tout d’abord, fut un architecte génial ; ensuite, il a réellement sauvé de nombreux monuments, fût-ce en les reconstruisant en partie ; et surtout, au XIXe siècle les principes de la restauration n’étaient pas ceux que l’on devrait avoir aujourd’hui, avec le recul de l’histoire (la charte de Venise n’existait pas). L’admiration de Jean-Jacques Aillagon pour cet Viollet-le-Duc n’a donc rien de condamnable.





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