François-André Vincent, 1746-1816, un peintre entre Fragonard et David Contenu abonnés


Tours, Musée des Beaux-Arts, du 19 octobre 2013 au 19 janvier 2014
Montpellier, Musée Fabre, du 8 février au 11 mai 2014.
Des dessins seront exposés au Musée Cognacq-Jay, à Paris, du 26 mars au 30 juin 2014.

Il y a des ouvrages mythiques avant même d’avoir été écrits. Le Vincent que Jean-Pierre Cuzin vient de publier aux éditions Arthena en fait assurément partie. Nous l’attendions depuis plus de 35 ans. La bonne nouvelle est qu’il ne déçoit aucunement. Bien au contraire, il pourrait sans doute servir de modèle pour toutes les monographies à venir.
Et notre chance est double : à l’occasion de la publication de cette somme, le musée des Beaux-Arts de Tours et le musée Fabre de Montpellier se sont associés pour présenter la rétrospective de l’artiste. On en sort heureux car elle permet enfin de le comprendre.
Car si cette monographie était autant attendue, c’est aussi parce que le peintre intriguait. On se doutait de sa valeur, mais les œuvres que l’on pouvait voir dans les musées, en vente publique ou chez les marchands étaient si différentes entre elles que son image en ressortait brouillée.


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1. François-André Vincent (1746-1816)
Autoportrait de l’artiste en costume espagnol,
vers 1757-1768
Huile sur toile - 69 x 52 cm
Grasse, Villa-musée Jean-Honoré Fragonard
(tableau MNR)
Photo : Didier Rykner
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2. François-André Vincent (1746-1816)
Triple portrait de l’artiste, de l’architecte Pierre Rousseau
et du peintre Coclers Van Wyck
, 1775
Huile sur toile - 81 x 98 cm
Paris, Musée du Louvre
Photo : Didier Rykner

L’exposition présente un parcours largement chronologique, ce qui est d’autant plus important pour un peintre dont la manière est aussi changeante. La première salle est consacrée aux œuvres de jeunesse avant et après l’obtention du prix de Rome. Une première composante de son style est déjà évidente ici, qu’il s’agisse d’esquisses de grands tableaux d’église, ou de portraits. Vincent aime la belle matière, les empâtements, le travail sur le blanc. Sa proximité avec Fragonard, certainement surévaluée, est ici surtout visible dans l’étonnant autoportrait (ill. 1) du musée de Grasse : il fallait vraiment un coup de génie pour y voir une œuvre de Vincent alors qu’elle portait le nom de son glorieux aîné. Jean-Pierre Cuzin l’a d’abord identifié, avant de pouvoir le prouver, grâce a une mention d’archives.
Le grand chef-d’œuvre de cette première salle reste le triple portrait du musée du Louvre (ill. 2). Acuité des physionomies, richesse des étoffes, intelligence de la composition, tout l’art de Vincent portraitiste est déjà là. C’est d’ailleurs un aspect que Jean-Pierre Cuzin souligne avec force dans son livre : Vincent est un des plus grands portraitistes de son époque.


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3. François-André Vincent (1746-1816)
Portrait de Bergeret de Grancourt, 1774
Huile sur toile - 61,5 x 47,5 cm
Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie
Photo : Didier Rykner
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4. François-André Vincent (1746-1816)
Diane, la chienne levrette de Bergeret, 1774
Huile sur toile - 61 x 73,5 cm
Besançon, Musée des beaux-arts et d’archéologie
Photo : Didier Rykner

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5. François-André Vincent (1746-1816)
Saint Jérôme dans le désert, 1776-1777
Huile sur toile - 177,6 x 242 cm

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