Émile Bernard (1868-1941) Contenu abonnés


Paris, Musée de l’Orangerie, du 17 septembre 2014 au 5 janvier 2015

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1. Émile Bernard (1868-1941)
La Famille à Tonnerre ou La Famille
Vers 1908-1910
Huile sur toile - 95 x 120 cm
Photo : Gérard Dufêne

« Robuste matrone » ou « grosse dondon », les avis sont plus ou moins nuancés selon l’âge du visiteur devant ce portrait de femme, dont le dos forme une grande tache de couleur au milieu de la toile ; elle est certes bien en chair, mais peinte sans volumes (ill. 1). La dernière salle de l’exposition consacrée à Émile Bernard réunit une série de nus dont le choix laisse perplexe. Outre cette « dondon » qui n’est autre que la femme du peintre entourée de leurs enfants, on peut y voir Hercule, censé évoquer le retour de l’artiste à la tradition et à des thèmes plus classiques, qui montre surtout une paire de fesses un peu rougeaudes menacées par un amas de chair féminine (ill. 2). On termine sur cette vision.

Attendue depuis longtemps, la rétrospective Émile Bernard devait lui rendre sa juste place dans l’histoire de l’art et montrer la richesse de son œuvre, coupé en deux par la critique. La première partie, la plus célèbre – et la plus courte – correspond bien sûr à l’école de Pont-Aven ; malheureusement, elle est souvent en fonction de Gauguin plus que pour elle-même. La seconde est méconnue volontairement et involontairement : non seulement l’artiste voyagea et réalisa un certain nombre d’œuvres, notamment des fresques, disparues depuis, mais son choix de rejeter la modernité pour un « retour à l’ordre » le discrédita. Cette « seconde » partie de sa vie commence en 1891, lorsqu’il à 25 ans et sa carrière devant lui. Elle méritait qu’on s’y arrête, et qu’on en propose quelques sous-parties…

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2. Émile Bernard (1868-1941)
La Lutte de l’homme contre la femme ou
Hercule contre les Amazones, 1927
Huile sur toile - 161,9 x 177,5 cm
Amiens, Musée de Picardie

L’exposition de l’Orangerie décline les facettes de son art dans un parcours à la fois chronologique et thématique. Mais alors que Bernard fut romancier, poète, critique d’art, graveur, illustrateur, expérimenta la zincographie, réalisa des aquarelles à Samos, des estampes en Égypte pour L’Ymagier, son œuvre graphique est modestement évoqué par quelques échantillons accumulés dans une petite section du parcours. Il fonda Le Parnasse oriental, journal de poésie, puis la revue La Rénovation esthétique dans laquelle il diffusa des idées conservatrices, et conçut enfin des illustrations pour Les Fleurs du Mal, les écrits de Ronsard ou encore de Victor Hugo.
Émile Bernard s’intéressa aussi aux arts décoratifs et si sa production dans ce domaine est limitée à son entourage proche, il toucha aussi bien au mobilier, qu’au vitrail, à la tapisserie, au bois sculpté, au décor peint, et il est dommage que ses réalisations soient reléguées dans un coin avec trois meubles qui se courent après. On aurait aimé par exemple voir des études pour des tapisseries et des vitraux et, dans l’idéal, le beau paravent des Quatre Saisons.

Le parcours s’ouvre sur ses premières œuvres…

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