Benjamin-Constant. Merveilles et mirages de l’Orientalisme Contenu abonnés


Toulouse, Musée des Augustins, du 4 octobre 2014 au 4 janvier 2015.
Montréal, Musée des Beaux-Arts, du 31 janvier au 31 mai 2005.

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1. Benjamin-Constant (1845-1902)
Entrée du sultan Mehmet II à
Constantinople, le 29 mai 1453
, 1876
Huile sur toile - 697 x 536 cm
Toulouse, Musée des Augustins
Photo : Musée des Augustins

L’ancien couvent des Augustins à Toulouse est un des rares musées français, avec Amiens, à exposer de nombreux grands formats, présentés à touche-touche et sur plusieurs niveaux, comme dans les Salons du XIXe. C’est là qu’est accrochée une œuvre gigantesque de Benjamin-Constant, L’Entrée du sultan Mehmet II à Constantinople, le 29 mai 1453 (ill. 1) qui ne pourra, bien sûr, faire le voyage de Montréal où se déroulera la deuxième étape de cette rétrospective.

Toulouse, ville où le peintre commença sa formation après y être arrivé à l’âge de deux ans, et Montréal, l’une des cités d’outre-atlantique où sa réputation fut vive ; il s’y rendit même quelques jours fin 1888 et début 1889 lors d’un séjour aux États-Unis. On mesure mal en effet quelle fut la célébrité de cet artiste qui connut tous les honneurs, à la fois dans son pays et à l’étranger, comme d’ailleurs beaucoup de ses contemporains. Cette renommée n’a d’égal que l’oubli dans lequel ils sont souvent tombés. Benjamin Constant évoque peut-être encore pour certains l’auteur d’Adolphe (un homonyme et sans doute cousin très éloigné) mais Benjamin-Constant le peintre est aujourd’hui presque inconnu.
C’est pourquoi cette magnifique exposition est un événement qu’il ne faut pas rater, tant à Toulouse où l’ensemble de sa carrière est retracée, qu’à Montréal où il sera entouré de tableaux de certains de ses confrères1, le replaçant ainsi dans le contexte artistique de la fin du XIXe siècle.

Grâce à la participation du Musée de Montréal, qui dispose de davantage de moyens, le catalogue qui accompagne ces deux expositions est d’une épaisseur rare pour une exposition d’un musée de province. Il s’agit d’un énorme ouvrage, tout à fait remarquable, à la fois monographie riche de nombreux essais tous excellents et de notices très développées pour beaucoup d’œuvres (et aussi pour les principales œuvres perdues ou non exposées), les autres étant systématiquement étudiées dans l’un ou l’autre texte. On regrettera simplement la difficulté à retrouver les œuvres exposées, tant les illustrations sont nombreuses, et les couleurs trop criardes de certaines reproductions. Benjamin-Constant est un coloriste subtil même s’il peignit aussi parfois des grisailles (un essai du catalogue est consacré à la couleur chez Benjamin-Constant). On aurait aimé aussi un chapitre sur ses dessins, dont on nous dit qu’ils ne sont pas très bons mais dont aucun ou presque n’est reproduit.

Classiquement, l’accrochage à Toulouse est à la fois chronologique et thématique. On y verra donc des œuvres datant de son apprentissage à l’école des Beaux-Arts de Toulouse avant qu’il ne rejoigne Paris pour entrer dans l’atelier de Cabanel, comme un autre peintre dont nous parlions récemment, Édouard Debat-Ponsan, également toulousain, également peintre…

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