Deux tableaux de Thomas Couture récemment acquis par Senlis


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1. Thomas Couture (1815-1879)
Étude d’ange, 1851/54
Huile sur toile - 64 x 54 cm
Senlis, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : Didier Rykner

20/10/15 - Acquisitions - Senlis, Musée d’Art et d’Archéologie - Le 26 juillet dernier passait en vente à Fontainebleau, chez Osenat, une peinture esquissée représentant une tête d’ange (ill. 1), correctement mise en relation avec une figure d’une des peintures de la chapelle de la Vierge dans l’église Saint-Eustache à Paris. Cette toile était curieusement seulement « attribuée à » Thomas Couture, alors que pour les connaisseurs son caractère autographe ne faisait aucun doute. Les Amis du Musée d’Art et d’Archéologie de Senlis ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, et en ont fait l’acquisition fort judicieuse au prix modique de 3 100 € (sans les frais) pour l’offrir au musée.

La commande à Thomas Couture de ce qui devait rester son seul décor pour une église, fut passée en mars 1851. Il ne s’agit pas de fresques, pas non plus de peintures exécutées directement sur le mur, mais de toiles marouflées, peintes en atelier. L’ensemble, qui comporte trois compositions, fut inauguré en 1856. La lunette de gauche représente Stella Maris, soit « Marie, sous le symbole de l’étoile de la mer, [qui] sauve par sa médiation les créatures humaines qui voguent sur la mer orageuse du monde ». À droite, l’artiste a représenté La Vierge consolatrice des affligés tandis que la peinture centrale montre Mater Salvatoris ou la Vierge en gloire entourée d’anges. L’œuvre acquise par Senlis est préparatoire à celui qui se trouve à droite, sur le registre intermédiaire.

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2. Thomas Couture (1815-1879)
La Flagellation du Christ, 1838
Huile sur toile - 32,5 x 40,5 cm
Senlis, Musée d’Art et d’Histoire
Photo : SHAC

En 2014, le même musée avait acquis, auprès de Saint-Honoré Art Consulting à Paris, une autre esquisse de Thomas Couture (ill. 2), fort différente celle-ci puisqu’il s’agit d’une œuvre de jeunesse, exécutée à l’École des Beaux-Arts où l’artiste était étudiant, tentant à plusieurs reprises, mais en vain, de gagner le prix de Rome. L’œuvre est l’esquisse réalisée pour la première épreuve du concours de 1838 sur le sujet de La Flagellation du Christ. S’il fut admis à participer à la deuxième épreuve, une étude de figure d’après le modèle vivant, puis resta parmi les dix derniers élèves à concourir, ce fut Isidore Pils qui fut lauréat cette année là. Après avoir encore une fois tenté d’obtenir le prix en 1839, il renonça l’année suivante ce qui ne l’empêcha pas, grâce à ses succès au Salon, de faire carrière. Il est difficile encore dans cette œuvre de belle qualité, précieux témoignage des débuts du peintre, de reconnaître son style qui devint si caractéristique par la suite et dont témoigne l’ange cité plus haut.

Ces deux œuvres sont actuellement présentées à Senlis dans le cadre de l’exposition organisée conjointement par cinq musées de l’Oise (et par le Musée de la Vie Romantique à Paris). Nous reviendrons très bientôt sur cette manifestation qui a donné lieu à la publication d’un catalogue dédié à Bénédicte Pradié-Ottinger, l’ancienne conservatrice du musée de Senlis et spécialiste de Thomas Couture, disparue en 2012 (voir la brève du 19/7/12).


Didier Rykner, mardi 20 octobre 2015





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